Il existe des preuves matérielles pour impliquer Nuon Chea dans les massacres perpétrés par le régime khmer rouge mais les inculpations de Khieu Samphan et Ieng Sary pourraient s’avérer plus difficiles, à en croire l’universitaire américain Stephen Heder, un spécialiste du Cambodge. Heder, dont les recherches pour l’American University de Washington pourraient être utilisées dans le cadre de poursuites judiciaires, estime que de nombreux documents des années 1970, pendant la période polpotiste, ont soit disparu soit été détruits, ce qui constituerait un casse-tête pour tout procureur d’un tribunal international qui serait chargé de juger des dirigeants khmers rouges. Il n’y a, par exemple, aucune preuve véritablement documentée pour faire le lien entre Khieu Samphan, chef de l’État sous les khmers rouges, et la mort de 1,7 million de Cambodgiens pendant le régime de terreur des années 1975 à 1979. Heder estime que Khieu Samphan mais aussi Ieng Sary, le ministre des Affaires étrangères des khmers rouges, pourraient être inculpés même sans preuve matérielle. «Il y a des dossiers dont peuvent répondre Khieu Samphan et Ieng Sary, mais sur la base des preuves matérielles existantes, on ne peut pas être aussi sûr d’une inculpation», a-t-il dit. Khieu Samphan et Nuon Chea ont fait défection à la fin décembre et nombreuses sont les voix qui se sont élevées au Cambodge comme à l’étranger pour réclamer leur jugement pour génocide devant un tribunal international. Ieng Sary est passé dans le camp du gouvernement depuis 1996. Des juristes mandatés par les Nations unies examinent actuellement la possibilité de mettre en place un tribunal international pour le Cambodge dans le style de ceux chargés de juger les génocides au Rwanda et en Bosnie.
Il existe des preuves matérielles pour impliquer Nuon Chea dans les massacres perpétrés par le régime khmer rouge mais les inculpations de Khieu Samphan et Ieng Sary pourraient s’avérer plus difficiles, à en croire l’universitaire américain Stephen Heder, un spécialiste du Cambodge. Heder, dont les recherches pour l’American University de Washington pourraient être utilisées dans le cadre de poursuites judiciaires, estime que de nombreux documents des années 1970, pendant la période polpotiste, ont soit disparu soit été détruits, ce qui constituerait un casse-tête pour tout procureur d’un tribunal international qui serait chargé de juger des dirigeants khmers rouges. Il n’y a, par exemple, aucune preuve véritablement documentée pour faire le lien entre Khieu Samphan, chef de l’État sous les khmers rouges,...
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