Les rues et les ponts de Bagdad étaient illuminés, mais sont restés quasiment vides lors du passage à 1999, tombant cette année en plein Ramadan et dans une ambiance assombrie par les craintes d’une escalade militaire avec les États-Unis et la poursuite de l’embargo. Les habitants de l’immense métropole qui souhaitaient célébrer la nouvelle année l’ont fait chez eux, ou se sont déplacés chez des amis. Des couples tirés à quatre épingles ont passé la soirée au restaurant, mais l’ambiance, la plupart du temps, était très calme dans les principales artères ou dans la rue Abou Nawas, le long du Tigre, qui abrite une série de restaurants servant le fameux «Mazgouf», un gros poisson d’eau douce. Quelques restaurants, bravant les interdictions, servaient de l’alcool versé discrètement dans des tasses. Mais aucune grande fête n’a été organisée dans des lieux publics, ou dans les grands restaurants de la capitale qui compte 4,5 millions d’habitants. «Nous sommes restés à la maison. Quelques voisins musulmans sont venus nous rendre visite et passer un moment avec nous», raconte un employé, chrétien. «Mais l’ambiance n’avait rien à voir à ce que nous avons connu il y a deux ans, ce n’était alors pas une période de Ramadan, et les grandes rues étaient envahies par la foule», ajoute-t-il. La communauté chrétienne d’Irak compte quelque 750 000 membres, sur une population totale de 22 millions d’habitants. Les Irakiens s’attendent à une sombre année, et redoutent de nouvelles frappes américaines, alors que deux sérieux incidents ont opposé cette semaine la DCA irakienne à des avions alliés patrouillant dans les zones d’exclusion au sud et au nord de l’Irak. Des responsables politiques et la presse de Bagdad ont affirmé que l’Irak, qui ne reconnaît pas ces zones, continuerait à ouvrir le feu sur les avions américains et britanniques. Washington et Londres ont affirmé qu’ils riposteraient à toute attaque. Le Pentagone a indiqué qu’aucun incident n’avait opposé jeudi, dernier jour de l’année, les avions américains et britanniques qui surveillent les deux zones d’exclusion aérienne et la DCA irakienne. Pour célébrer la fin de l’année, un influent imam de Bagdad, cheikh Abdel Ghaffar al-Qaïssia, a demandé l’aide de Dieu pour «détruire» les «agresseurs» américains et britanniques devant quelques milliers d’enfants réunis pour scander «à bas l’Amérique» et proclamer leur disposition au «sacrifice» pour Saddam Hussein, le président irakien. Les habitants de Bagdad n’ont aucun espoir d’une levée rapide de l’embargo qui frappe durement le pays depuis plus de huit ans. Et ils n’auront sans doute pas été rassurés par les derniers propos du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, qui a déclaré craindre le «pire» pour cette nouvelle année en Irak et au Kosovo.
Les rues et les ponts de Bagdad étaient illuminés, mais sont restés quasiment vides lors du passage à 1999, tombant cette année en plein Ramadan et dans une ambiance assombrie par les craintes d’une escalade militaire avec les États-Unis et la poursuite de l’embargo. Les habitants de l’immense métropole qui souhaitaient célébrer la nouvelle année l’ont fait chez eux, ou se sont déplacés chez des amis. Des couples tirés à quatre épingles ont passé la soirée au restaurant, mais l’ambiance, la plupart du temps, était très calme dans les principales artères ou dans la rue Abou Nawas, le long du Tigre, qui abrite une série de restaurants servant le fameux «Mazgouf», un gros poisson d’eau douce. Quelques restaurants, bravant les interdictions, servaient de l’alcool versé discrètement dans des tasses. Mais...
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