L’euro s’est imposé d’emblée comme l’une des trois grandes devises mondiales en effectuant ses débuts lundi sur le marché des changes de Londres, le premier au monde, mais les opérateurs restaient prudents en attendant de se familiariser avec la toute jeune monnaie. «Il est très probable que l’euro devienne la deuxième devise la plus échangée (après le dollar) mais il est encore trop tôt pour l’affirmer», estime Paul Meggyesi, chef économiste chez Deutsche Bank à Londres. Dès les premiers échanges sur le marché de Londres, l’euro s’est négocié au-dessus de 1,18 dollar, soutenu par de bonnes performances sur les places asiatiques. La nouvelle devise a toutefois subi ensuite des prises de bénéfices pour se maintenir sous ce seuil avant de remonter en fin de journée à 1,1810 dollar. La plupart des stratégistes sont confiants pour l’avenir de l’euro. Certains estiment même qu’il pourrait s’apprécier à 1,22 dollar dès les prochains jours. «Il y a beaucoup de raisons de penser que la valeur de l’euro s’appréciera dans les prochains mois», note Tony Norfield, chef économiste chez ABN Amro à Londres. «Les problèmes concernant les États-Unis et la Grande-Bretagne devraient faire de l’euro un bon pari». Le procès de destitution du président américain Bill Clinton et le creusement du déficit des comptes courants des États-Unis devraient peser sur le billet vert, explique Tony Norfield. Du côté de la livre sterling, les perspectives de nouvelle baisse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre, dont le comité monétaire se réunit mercredi et jeudi, et la dégradation attendue de l’économie britannique maintiendront la pression. «La livre, comme le franc suisse, sera de plus en plus marginalisée», estime Nick Parsons, chef stratégiste chez Paribas. «D’un point de vue britannique, nous espérons que l’euro ne favorisera pas trop une intégration européenne accrue car cela rendrait plus difficile pour le gouvernement britannique la tâche de convaincre l’opinion publique» pour rejoindre la zone euro, ajoute Brian Hilliard, chef économiste pour le Royaume-Uni de la Société Générale. Néanmoins, les économistes ne s’inquiètent guère pour la suprématie de la City en tant que telle. Francfort, capitale financière de la zone euro et siège de la Banque centrale européenne (BCE), «n’arrive qu’à la cheville de Londres pour le moment», estime Tony Norfield. «L’avance de Londres va se réduire inévitablement mais pas nettement car toute l’infrastructure pour les changes est ici», ajoute-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’euro s’est imposé d’emblée comme l’une des trois grandes devises mondiales en effectuant ses débuts lundi sur le marché des changes de Londres, le premier au monde, mais les opérateurs restaient prudents en attendant de se familiariser avec la toute jeune monnaie. «Il est très probable que l’euro devienne la deuxième devise la plus échangée (après le dollar) mais il est encore trop tôt pour l’affirmer», estime Paul Meggyesi, chef économiste chez Deutsche Bank à Londres. Dès les premiers échanges sur le marché de Londres, l’euro s’est négocié au-dessus de 1,18 dollar, soutenu par de bonnes performances sur les places asiatiques. La nouvelle devise a toutefois subi ensuite des prises de bénéfices pour se maintenir sous ce seuil avant de remonter en fin de journée à 1,1810 dollar. La plupart des...