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Actualités - Analyse

Forcing des européens et des américains

La diplomatie occidentale, européenne aussi bien qu’américaine, s’alarme de la dégradation au Liban-Sud. Et se lance dans un forcing pour apaiser une tension qui risque de déstabiliser encore plus une région fragilisée par les retombées des opérations anglo-US contre l’Irak. Offensive diplomatique d’autant plus nécessaire que la question du Liban-Sud, tout comme les accords de Wye River, est en train d’être minée par les surenchères électorales sur la scène israélienne. Autrement dit, dans leur course aux suffrages, les partis israéliens tentent à qui mieux mieux d’exploiter les développements sur le terrain, ce qui accentue bien évidemment les risques d’escalade. Un diplomate occidental en poste à Beyrouth estime ainsi que «tout naturellement, l’application des accords de Wye River se trouve gelée, en attendant les élections du printemps en Israël. Cela signifie qu’en pratique, elle sera plus difficile à réaliser car le facteur temps est très important dans ce genre d’accords. Plus on en perd, plus ils se diluent. Du même coup, ils deviennent un des thèmes de la campagne électorale. Les extrémistes les dénoncent comme un danger pour la sécurité de l’État hébreu. Et les modérés en font un de leurs arguments pour se gagner les voix des Israéliens arabes. De même pour le projet de retrait du Liban-Sud». Ce diplomate occidental, qui n’a pas l’air de beaucoup apprécier le Likoud malgré les bons rapports de son gouvernement avec Tel-Aviv, relève que «Netanyahu, comme chaque fois, s’empresse de dénaturer les accords conclus avec les Palestiniens sous la houlette des Américains. Il a ainsi rajouté de son propre cru plusieurs conditions rédhibitoires au texte de Wye River. Il ne veut pas se contenter de la suppression dans la Charte palestinienne de toute allusion à la destruction d’Israël. Et il exige qu’on renonce à vouloir proclamer la création d’un État palestinien, qu’on réduise au silence les pôles qui incitent à la violence anti-israélienne, enfin que la libération des prisonniers se fasse suivant le système qu’il a lui-même conçu». «Au Liban-Sud, poursuit cette source, Netanyahu a fait monter la fièvre par le massacre de Janta, provoquant une riposte de fusées Katioucha sur la Galilée. Cela pour raviver les inquiétudes des Israéliens et jouer encore une fois, comme lors des dernières législatives, sur la fibre de la sécurité. Pour montrer qu’il est l’homme de la situation, il menace de frapper l’infrastructure du Liban. Et n’hésite pas à ordonner encore un raid sur Janta, alors même qu’il avait fait mine de présenter des excuses pour le premier ! Toujours dans l’espoir évident de provoquer une dure riposte du Hezbollah, pour brancher la campagne électorale sur les dangers du conflit et la nécessité de lutter par l’extrémisme contre l’extrémisme arabe». «Netanyahu, affirme encore cette source, reprend ainsi son bras de fer verbal avec Pérès. En effet, l’ancien chef du Parti travailliste a sévèrement condamné la politique du Premier ministre israélien. Il a souligné que l’escalade au Liban-Sud n’est pas dans l’intérêt d’Israël et qu’elle risque de mettre le feu aux poudres dans la région. En effet, il est possible qu’au cas où l’État hébreu s’en prendrait à votre infrastructure, il s’attirerait une réaction de la Syrie et se ferait taper sur les doigts par les Occidentaux, Américains et Français en tête. Du reste, si l’on considère la question sous un angle proportionnel, le Liban supporte mieux, à tout prendre, les coups que la Galilée et il n’est pas certain que l’opinion israélienne soit très contente du processus de confrontation dans lequel Netanyahu veut s’engouffrer». Ce dont la diplomatie occidentale, très active en ce moment, veut le dissuader. En plaidant pour une stricte application des accords d’avril (96) qui interdisent qu’on s’en prenne à la population civile.
La diplomatie occidentale, européenne aussi bien qu’américaine, s’alarme de la dégradation au Liban-Sud. Et se lance dans un forcing pour apaiser une tension qui risque de déstabiliser encore plus une région fragilisée par les retombées des opérations anglo-US contre l’Irak. Offensive diplomatique d’autant plus nécessaire que la question du Liban-Sud, tout comme les accords de Wye River, est en train d’être minée par les surenchères électorales sur la scène israélienne. Autrement dit, dans leur course aux suffrages, les partis israéliens tentent à qui mieux mieux d’exploiter les développements sur le terrain, ce qui accentue bien évidemment les risques d’escalade. Un diplomate occidental en poste à Beyrouth estime ainsi que «tout naturellement, l’application des accords de Wye River se trouve gelée,...