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Actualités - Chronologie

Cyclisme année zéro

Un simple contrôle douanier a ébranlé le sport sur ses bases. Pour le cyclisme, 1998 est devenue l’année zéro, préalable à la reconstruction. «Le cataclysme m’a anéanti». Jean-Marie Leblanc, directeur du Tour de France, a répété la phrase en dressant le bilan d’une édition à jamais maudite. Cataclysme ? Le mot décrit justement la secousse qui a ébranlé la plus grande épreuve cycliste, forte de 95 ans d’existence. Aucune hypothétique «loi du silence» n’a résisté aux déclarations de Bruno Roussel, neuf jours à peine après l’interpellation du soigneur de son équipe à la frontière franco-belge en possession d’un stock de produits dopants. Par son aveu de l’organisation du dopage au sein de Festina, le directeur sportif de la première formation mondiale a déchaîné les éléments. Le Tour (difficilement) bouclé, les semaines suivantes ont provoqué une mobilisation presque générale pendant que les affaires, avec leur cortège d’auditions et parfois d’interpellations, continuaient. De table ronde en interviews, toutes les parties ont abordé le problème. Dirigeants, organisateurs, parraineurs d’équipes, directeurs sportifs, médecins... Seuls, les coureurs, pourtant les principaux concernés par les conséquences du dopage, sont apparus en retrait au moment de prendre les décisions pour les prochaines saisons. Le cyclisme, en première ligne sur la scène sportive, a été contraint de prendre les devants pour sauver son avenir. Sans attendre les résultats de la grande réunion annoncée par le Comité international olympique (CIO) pour début février à Lausanne (Suisse), ou les décrets d’application des lois nationales, la France se situant en pointe sur le sujet et courant le risque de l’isolement si elle ne parvient pas à convaincre ses partenaires européens de la suivre réellement. Virenque pour illustration Dans les nouvelles dispositions du cyclisme, l’accent a porté sur la prévention, plus exactement la dissuasion. Des contrôles complets, plus étendus que la traditionnelle analyse d’urine, ont été instaurés. À raison d’un minimum de quatre contrôles biologiques annuels, sous la responsabilité des médecins. Tout aussi encourageante, la position des firmes parrainant les équipes qui ont demandé des garanties à leurs responsables sportifs. Pour des coureurs ou des formations, la sanction tient autant à une détérioration de l’image, à travers le prisme des médias, qu’à une simple mesure disciplinaire. Richard Virenque, qui a échappé à la suspension tout en restant par ses dénégations au centre de la tempête, en a apporté pour son malheur la plus éclatante illustration. Est-ce la fin du dopage ? Nul ne se hasarde, même dans le camp des optimistes, à répondre par l’affirmative. Les pragmatiques considèrent le dopage comme la criminalité du sport. Ils assimilent les dopés et leurs pourvoyeurs aux délinquants du sport et soulignent que l’éradiquation du phénomène relève du rêve. Espère-t-on un monde sans voleurs et sans criminels ?
Un simple contrôle douanier a ébranlé le sport sur ses bases. Pour le cyclisme, 1998 est devenue l’année zéro, préalable à la reconstruction. «Le cataclysme m’a anéanti». Jean-Marie Leblanc, directeur du Tour de France, a répété la phrase en dressant le bilan d’une édition à jamais maudite. Cataclysme ? Le mot décrit justement la secousse qui a ébranlé la plus grande épreuve cycliste, forte de 95 ans d’existence. Aucune hypothétique «loi du silence» n’a résisté aux déclarations de Bruno Roussel, neuf jours à peine après l’interpellation du soigneur de son équipe à la frontière franco-belge en possession d’un stock de produits dopants. Par son aveu de l’organisation du dopage au sein de Festina, le directeur sportif de la première formation mondiale a déchaîné les éléments. Le...