La Chine en proie aux inondations les plus graves depuis 1954
le 29 juillet 1998 à 00h00
La Chine continuait à lutter mardi contre les inondations les plus graves depuis 1954, alors que des millions de riverains tentaient, quasiment à mains nues, de renforcer les digues du Yangtsé, le troisième fleuve du monde. A Jiujiang (est), une ville située près du confluent du Yangtsé et du lac Poyang, le niveau du fleuve a déjà dépassé de trois mètres la cote d’alerte. L’eau atteignait 22,79 m par rapport au lit du fleuve, alors que les digues sont prévues pour résister à un maximum de 23,25 m. Un million de personnes sont mobilisées pour sauver la ville, alors que la pointe de la crue approche. «L’eau continue à monter, mais à un rythme moindre», a commenté un responsable municipal de la lutte contre la crue. Le maire de la ville, Liu Shangyang, a indiqué que les habitants avaient consolidé les digues au cours des derniers jours à l’aide de 80 millions de m3 de roches et 500.000 sacs de sables. Une brigade de la police militaire a travaillé toute la nuit pour réparer une digue qui menaçait de s’effondrer, au risque de voir le Yangtsé se déverser dans le lac Saicheng, lui-même en crue. Quelque 240.000 riverains du lac seraient menacés en cas de rupture de cette digue. Un habitant âgé de 59 ans a indiqué que 3.000 riverains avaient pratiquement emménagé sur la digue au cours des dernières semaines. «Nous avons mis nos objets de valeur en lieu sûr. Mais nous ne devons pas nous décourager. Si nous perdons espoir, la digue disparaîtra», a-t-il déclaré. Etat d’urgence Une rupture imminente de la digue peut parfois n’être repérée qu’à un léger bouillonnement des flaques en contrebas. Les riverains font alors une chaîne humaine pour amener le sable et les pierres sur la section fragilisée, qu’ils tassent à coups de pied ou à coups de pelle. L’état d’urgence a été proclamé dans trois provinces de l’est du pays, le Jiangxi, l’Anhui et le Jiangsu. Cette mesure permet aux autorités de réquisitionner tous les véhicules et équipements nécessaires pour empêcher la rupture des digues. La moindre brèche dans les digues pourrait provoquer des dégâts considérables dans les régions surpeuplées que traverse le plus long fleuve de Chine (6.380 kilomètres). Lors de la dernière crue de cette ampleur en 1954, 30.000 personnes avaient été tuées. Selon le dernier bilan officiel, 1.168 habitants du sud de la Chine ont trouvé la mort dans les inondations des trois derniers mois, soit déjà le double du bilan de l’ensemble de l’an dernier (600 morts). Le bassin du Yangtsé réunit sur 1,8 million de kilomètres carrés environ un tiers de la population chinoise (1,22 milliard d’habitants) et représente 40% de sa production agricole et industrielle. Le gros de la crue a touché dans la journée la métropole de Wuhan, en amont de Jiujiang. Le fleuve atteignait les 28,84 m, 56 cm au-dessus de la cote d’alerte. «Les digues ont l’air de tenir jusqu’à présent», a déclaré par téléphone un responsable municipal. Il s’est refusé à tout commentaire sur la possibilité de laisser déborder le fleuve sur les campagnes environnantes, afin de protéger la ville de 7 millions d’habitants. La Chine doit constamment renforcer les digues de ses grands fleuves, dont le lit s’élève à cause des alluvions. Sans forcément être débordées, les digues, détrempées par plusieurs semaines de crue, pourraient désormais céder en cas de pression excessive, estiment les experts. (AFP)
La Chine continuait à lutter mardi contre les inondations les plus graves depuis 1954, alors que des millions de riverains tentaient, quasiment à mains nues, de renforcer les digues du Yangtsé, le troisième fleuve du monde. A Jiujiang (est), une ville située près du confluent du Yangtsé et du lac Poyang, le niveau du fleuve a déjà dépassé de trois mètres la cote d’alerte. L’eau atteignait 22,79 m par rapport au lit du fleuve, alors que les digues sont prévues pour résister à un maximum de 23,25 m. Un million de personnes sont mobilisées pour sauver la ville, alors que la pointe de la crue approche. «L’eau continue à monter, mais à un rythme moindre», a commenté un responsable municipal de la lutte contre la crue. Le maire de la ville, Liu Shangyang, a indiqué que les habitants avaient consolidé les digues au...
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