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Actualités - Chronologie

La Somalie menacée de morcellement

La Somalie, déchirée par huit ans de guerre civile et livrée aux factions, est en voie de morcellement en émirats, rendant plus hypothétique que jamais un retour à un gouvernement central, estiment les commentateurs locaux. Pour Mohammed Shil Hassan, chroniqueur politique du Mogadiscio Times, la Somalie pourrait fort évoluer vers une constellation de micro-Etats, à l’image des Emirats arabes unis. «Mais des Emirats pauvres, sans le pétrole», souligne-t-il, prédisant une confédération de cinq entités. Cette prophétie découle de l’actuelle impasse du processus de réconciliation nationale entre clans et factions. L’intransigeance des «chefs de guerre» a fait échouer une douzaine de tentatives de mise en place d’un gouvernement central depuis la chute en 1991 du dictateur Mohamed Siad Barre. Le processus de morcellement n’a eu de cesse depuis. Au nord-est, des factions de la branche clanique des Darod ont proclamé jeudi une région autonome, le «Puntland», dotée d’une constitution, d’un gouvernement et d’un «président», membre du SSDF (Front démocratique somalien du salut, l’une des plus puissantes factions du pays). Le Puntland n’a toutefois pas fait sécession d’avec la Somalie, ni ne l’envisage. Au nord-ouest, le Somaliland, république autoproclamée en 1991 par l’ensemble clanique des Issak, est devenue aujourd’hui une région structurée, organisée et relativement pacifique. Ce territoire bien géré et anciennement administré par la Grande-Bretagne — alors que le reste du pays l’était par l’Italie — n’est toujours reconnu par aucune instance internationale. Au sud-ouest, la capitale, Mogadiscio, reste divisée entre fiefs sous influence de chefs de guerre, dont cinq principaux représentant des sous-clans de l’ensemble des Hawiye. Ils ont conclu un accord pour gérer conjointement la ville et permettre la réouverture du port et de l’aéroport, fermés depuis 1995. Un accord a été à ce jour maintes fois remis et reste à la merci de dissensions. Aïdid prudent Le chef de guerre contrôlant le nord de Mogadiscio, Ali Mahdi Mohamed, a salué ces jours-ci l’établissement du «Puntland», indiquant que «si la déclaration par le nord-est ne pose pas de menace à l’unité de la Somalie ou pour d’autres régions, nous saluons cette administration régionale». Issa Mohamed Siad, conseiller de l’homme fort du sud de Mogadisco, Hussein Mohamed Aïdid, est resté prudent: «Il est trop tôt pour porter un jugement historique sur des événements si récents». Dans le centre-sud du pays, la région de Baidoa a été elle aussi, en 1995, le siège d’un gouvernement autonome mis en place par les clans Digil-Mirifle. L’administration, conduite par Hassan Sheikh Ibrahim «Hassey», avait été démantelée après quelques mois, après la prise de Baïdoa par le père de Hussein Aïdid en septembre. Enfin dans le pays de la Juba, dans le sud, des clans de la confédération Darod ont essayé depuis trois ans de mettre en place un gouvernement autonome, là aussi non sécessionniste, du «Jubaland». (AFP)
La Somalie, déchirée par huit ans de guerre civile et livrée aux factions, est en voie de morcellement en émirats, rendant plus hypothétique que jamais un retour à un gouvernement central, estiment les commentateurs locaux. Pour Mohammed Shil Hassan, chroniqueur politique du Mogadiscio Times, la Somalie pourrait fort évoluer vers une constellation de micro-Etats, à l’image des Emirats arabes unis. «Mais des Emirats pauvres, sans le pétrole», souligne-t-il, prédisant une confédération de cinq entités. Cette prophétie découle de l’actuelle impasse du processus de réconciliation nationale entre clans et factions. L’intransigeance des «chefs de guerre» a fait échouer une douzaine de tentatives de mise en place d’un gouvernement central depuis la chute en 1991 du dictateur Mohamed Siad Barre. Le processus de...