Le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a accepté de se rendre «prochainement» en visite officielle à Téhéran après avoir salué à plusieurs reprises les gestes d’ouverture du régime iranien. «L’invitation a été lancée lors d’une rencontre vendredi à Paris entre le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et le secrétaire général du ministère français des Affaires étrangères, Loïc Hennekinne, et elle a été acceptée», a indiqué dimanche le Quai d’Orsay. «Les dates n’ont pas encore été fixées», a toutefois précisé le ministère, où l’on se refusait pour l’instant à tout commentaire sur les objectifs de cette visite. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères accompagnait à Paris le ministre de l’Industrie, Gholamréza Chafei — premier responsable iranien à effectuer une visite officielle en France depuis 1991 —, venu inciter les entreprises françaises à investir dans son pays. L’envoi de cette délégation iranienne avait été précédé d’un appel du président iranien, Mohammad Khatami, à «un développement des relations entre la France et l’Iran dans tous les domaines à la faveur d’une confiance mutuelle et d’une volonté politique des deux gouvernements». Les dirigeants français ont publiquement marqué à plusieurs reprises l’intérêt de la France pour les projets de réformes et les tentatives d’ouverture du président Khatami. Les forces hostiles sont très grandes «Tout le monde analyse ce phénomène et veut l’accompagner intelligemment, tout en restant prudent, car les forces hostiles sont très grandes encore», avait souligné fin juin Hubert Védrine, de retour d’une visite à Washington. La France doit toutefois se montrer solidaire des décisions prises par l’Union européenne. Si les contacts ministériels avec l’Iran ont repris depuis le mois de février, les relations politiques entre les Etats-membres et le régime iranien demeurent discrètes depuis la rupture du dialogue critique avec Téhéran en avril 1997 provoquée par un grave contentieux avec l’Allemagne. Le réveil de l’Iran, les gestes d’ouverture et la modération de son nouveau président, mais, surtout, la volonté affichée des Etats-Unis de «tourner la page» de la révolution de 1979 et de la crise des otages, poussent cependant la France à relancer les relations franco-iraniennes. Les industriels ont déjà saisi l’occasion. Le groupe pétrolier français Total a signé en septembre dernier un contrat de 2 milliards de dollars avec l’Iran pour l’exploitation d’un gisement de gaz, malgré les menaces de sanctions américaines contre toute entreprise étrangère investissant en Iran. L’affaire s’est réglée au niveau politique entre Paris et Washington et n’a pas laissé de séquelles. Depuis, les missions économiques affluent en Iran, attirées ou intriguées par les promesses d’ouverture de ce pays, considéré comme l’un des plus impénétrables de la planète. «Tout le monde est à l’affût d’un changement d’orientation économique», explique François Périgot, président du CNPF-International, qui dirigeait en mai une mission d’entreprises françaises dans ce pays. «L’Iran est depuis longtemps sur la liste de nos priorités, et on sait bien qu’un jour ou l’autre la concurrence américaine reviendra dans ce pays», souligne-t-il. Certains projets industriels français pourraient rapidement se concrétiser, notamment celui du groupe PSA (Peugeot-Citroën) de fabriquer sous licence en Iran un petit modèle d’automobile populaire, la 205, à raison de 50.000 voitures par an. Il reste aux dirigeants français à concrétiser ce rapprochement en renouant les contacts politiques. C’est tout le sens de l’accord donné par Paris à une visite d’Hubert Védrine, dont Téhéran affirme qu’elle sera «hautement significative». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a accepté de se rendre «prochainement» en visite officielle à Téhéran après avoir salué à plusieurs reprises les gestes d’ouverture du régime iranien. «L’invitation a été lancée lors d’une rencontre vendredi à Paris entre le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et le secrétaire général du ministère français des Affaires étrangères, Loïc Hennekinne, et elle a été acceptée», a indiqué dimanche le Quai d’Orsay. «Les dates n’ont pas encore été fixées», a toutefois précisé le ministère, où l’on se refusait pour l’instant à tout commentaire sur les objectifs de cette visite. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères accompagnait à Paris le ministre de l’Industrie, Gholamréza...