L'Iran affiche sa volonté de développer son programme de missiles
le 27 juillet 1998 à 00h00
L’Iran a annoncé la réussite d’un test de missile qu’il qualifie «de longue portée» et souligné ainsi sa volonté de développer ce programme militaire au risque de crisper à nouveau ses relations tumultueuses avec les Etats-Unis. Le ministre de la Défense, le général Ali Chamkhani, a déclaré que le missile d’une portée «de 1.300 km» — classé par Washington dans la catégorie des missiles de moyenne portée — avait été «entièrement développé en Iran et sans aucune assistance étrangère». L’annonce du text, mercredi dernier, d’un missile capable d’atteindre pratiquement tous les pays de la région ainsi que les forces étrangères qui y sont stationnées intervient alors que le gouvernement du président réformateur Mohammad Khatami ne cesse d’affirmer depuis plusieurs mois sa volonté de «détente» dans ses relations avec l’étranger. «Le test de ce missile a été réalisé en vue d’élever la force dissuasive iranienne, compte tenu des développements récents intervenus dans la région», a déclaré le ministre iranien en félicitant le Guide de la république islamique et commandant en chef suprême des forces armées, l’ayatollah Ali Khamenei, pour ce «succès». Un missile d’une telle portée va renforcer la supériorité de l’Iran dans ce secteur dans la région et susciter de nouvelles inquiétudes auprès de ses voisins arabes. Un porte-parole de la Maison-Blanche avait déclaré jeudi dernier qu’un satellite américain avait détecté tôt mercredi matin l’essai par l’Iran d’un missile Shahab-3, similaire au missile nord-coréen Rodong. L’Iran était jusqu’à présent équipé de missiles Scud B et C d’une portée de 300 à 500 kilomètres. Plusieurs journaux se sont empressés dès dimanche de minimiser l’impact de cette annonce sur les relations de l’Iran avec ses voisins. «Les relations de l’Iran avec ses voisins sont tellement chaleureuses que ces pays ne sont pas préoccupés par les missiles iraniens mais les considèrent comme une arme pour défendre leurs intérêts», a commenté le journal «Iran News». Pour le journal «Tehran Times», le test de ce missile «vise à contrer l’hégémonie des autres puissances» sur l’Iran. Clinton avertit l’Iran Le test du missile, capable d’atteindre Israël, l’Arabie Séoudite et la Turquie, trois principaux alliés de Washington dans la région, confirme la volonté de Téhéran de poursuivre ce programme militaire. Le président Bill Clinton a averti l’Iran que son programme de mise au point de ce type de missiles risquait de «modifier la dynamique de stabilité régionale au Proche-Orient». Il a reconnu que ce nouveau développement pourrait mettre un terme au processus de normalisation des relations américano-iraniennes alors que des signes timides d’un certain dégel étaient apparus entre les deux pays. «Bien évidemment, c’est un obstacle mais je ne pense pas que ce soit un argument pour fermer toutes les portes», avait néanmoins assuré le président américain. M. Clinton et son secrétaire d’Etat Madeleine Albright avaient appelé le mois dernier l’Iran a amorcer un processus de normalisation pour mettre fin à dix-huit ans de rupture entre les deux pays. L’amorce d’un dégel avait eu lieu en janvier dernier avec un appel du président Khatami à l’ouverture d’une «brèche dans le mur de défiance» entre les deux pays. Le gouvernement de M. Khatami s’était jusqu’à présent félicité du «changement de ton» de Washington tout en appelant les Américains à faire des gestes concrets pour «démontrer leur sincérité». Les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec l’Iran en avril 1980 à la suite de la prise en otages du personnel de l’ambassade américaine à Téhéran lors de la révolution islamique. (AFP)
L’Iran a annoncé la réussite d’un test de missile qu’il qualifie «de longue portée» et souligné ainsi sa volonté de développer ce programme militaire au risque de crisper à nouveau ses relations tumultueuses avec les Etats-Unis. Le ministre de la Défense, le général Ali Chamkhani, a déclaré que le missile d’une portée «de 1.300 km» — classé par Washington dans la catégorie des missiles de moyenne portée — avait été «entièrement développé en Iran et sans aucune assistance étrangère». L’annonce du text, mercredi dernier, d’un missile capable d’atteindre pratiquement tous les pays de la région ainsi que les forces étrangères qui y sont stationnées intervient alors que le gouvernement du président réformateur Mohammad Khatami ne cesse d’affirmer depuis plusieurs mois sa volonté de...
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