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Actualités - Communiques Et Declarations

Jospin défend à Londres son socialisme moderne qui marche

Le premier ministre français Lionel Jospin a revendiqué jeudi soir à Londres sa conception d’un socialisme moderne «qui marche», répondant ainsi à son homologue britannique Tony Blair qui veut incarner une gauche acceptant le libéralisme. M. Jospin, considéré comme le tenant d’un socialisme plus traditionnel, a profité d’un discours lors de l’inauguration du «Foreign Policy Center» pour défendre ses convictions. Tony Blair s’était livré au même exercice le 24 mars à Paris à l’Assemblée nationale, devant un Lionel Jospin souvent agacé par ses propos. Comme l’avait fait M. Blair devant les députés français, le chef du gouvernement s’est exprimé dans la langue de ses hôtes. Mais il l’a fait en l’absence du premier ministre britannique, qu’il ne retrouvera qu’aujourd’hui vendredi pour une visite dans sa circonscription de Sedgefield. Alors que Tony Blair avait affirmé à Paris que «l’idéologie peut être mortelle», Lionel Jospin a lancé: «J’agis sans parti pris idéologique, mais en portant des valeurs. Je reste socialiste», a-t-il dit en expliquant qu’il voulait «rendre plus juste» la société. «Le monde a changé, il nous a changés, mais nous n’avons pas perdu l’ambition de changer le monde». Le premier ministre a souligné, comme il le fait régulièrement en France, qu’il s’appuyait pour cela sur trois principes: «Volontarisme, réformisme et réalisme». Modernité Il a aussi répondu directement à Tony Blair, selon lequel «ce qui compte, c’est ce qui marche». «Le volontarisme, en France, ça marche», a-t-il dit, alors que la plupart des indicateurs économiques sont au vert et que lui-même peut se prévaloir d’une cote de popularité record aux alentours de 70%. «Être réaliste, ce n’est pas se contenter de l’air du temps, ni se référer à un modèle unique emprunté à la vieille idéologie libérale», a-t-il encore déclaré, ajoutant que «ce qui existe (...), ce n’est pas le libéralisme, que l’on ne rencontre que dans les manuels d’économie, mais le capitalisme». «Fidèle à mes convictions, m’inscrivant dans la trajectoire du socialisme français, je poursuis (...) son idéal de transformation sociale, son objectif de justice, la même ambition de maîtrise collective de notre destinée (...). Nous disons: oui à l’économie de marché, non à la société de marché». «Nous voulons faire entrer la France dans la modernité, mais une modernité maîtrisée, construite sur la recherche d’un équilibre entre efficacité économique et justice sociale», a-t-il dit. «Mon gouvernement conduit un changement réfléchi, mesuré, mais profond et continu», a-t-il assuré. Lionel Jospin a aussi défendu sa méthode de gouvernement, basée sur le «pragmatisme mais sans tiédeur, la détermination mais avec souplesse». Comme M. Blair à Paris, il y a quatre mois, M. Jospin a débuté son discours en maniant l’ironie, notamment sur les reproches que s’adressent les deux pays. «Nous sommes orgueilleux? Vous l’êtes aussi. Vous êtes assurés de votre haute valeur? Nous le sommes également. Nous sommes convaincus de notre génie national? Vous n’êtes pas en reste». Rappelant les «habitudes belliqueuses» des deux nations, il a estimé que ce temps était révolu du fait de la construction européenne. «Vos victoires ne sont plus nos défaites et il arrive même que nos victoires soient aussi un peu les vôtres», a-t-il dit en citant les noms de plusieurs joueurs de l’équipe de France de football, championne du monde, qui évoluent dans des clubs britanniques. (AFP)
Le premier ministre français Lionel Jospin a revendiqué jeudi soir à Londres sa conception d’un socialisme moderne «qui marche», répondant ainsi à son homologue britannique Tony Blair qui veut incarner une gauche acceptant le libéralisme. M. Jospin, considéré comme le tenant d’un socialisme plus traditionnel, a profité d’un discours lors de l’inauguration du «Foreign Policy Center» pour défendre ses convictions. Tony Blair s’était livré au même exercice le 24 mars à Paris à l’Assemblée nationale, devant un Lionel Jospin souvent agacé par ses propos. Comme l’avait fait M. Blair devant les députés français, le chef du gouvernement s’est exprimé dans la langue de ses hôtes. Mais il l’a fait en l’absence du premier ministre britannique, qu’il ne retrouvera qu’aujourd’hui vendredi pour une...