Bruxelles a donné jeudi son feu vert à la fusion entre les constructeurs automobiles américain Chrysler et allemand Daimler-Benz, la plus importante dans l’histoire de l’industrie, autorisant ainsi la naissance du troisième groupe automobile mondial. Cette fusion, déclarée compatible avec le marché européen, n’aura qu’une incidence «mineure» en terme de parts de marché dans le secteur de l’automobile, notamment en raison de la «force» des concurrents de Daimler-Benz et de Chrysler, a indiqué le porte-parole de Karel Van Miert, commissaire européen à la concurrence. La Commission a estimé que pour l’ensemble des voitures particulières, la part combinée des deux groupes sur le marché, en prenant pour base le nombre de voitures immatriculées en 1997, n’excédera pas 10% dans l’Espace économique européen (EEE, les Quinze, plus le Liechtenstein, la Norvège et l’Islande). «Sur certains segments des voitures particulières, en particulier les voitures de luxe et de sport, Daimler-Benz et Chrysler détiennent des parts de marché plus importantes dans certains Etats membres» de l’EEE, a reconnu le porte-parole. Il a cependant ajouté que «le renforcement de leur position est limité» car leurs gammes de produits se «chevauchent» très peu. Les deux géants de l’automobile sont en effet complémentaires, Chrysler étant plutôt spécialisée dans la production de modèles petite et moyenne gamme, Daimler-Benz dans celle de modèles haut de gamme et de sport. En outre, la Commission a estimé que la position d’autres concurrents comme BMW-Rover resterait inchangée et qu’ils pourront limiter les effets de la concentration. Daimler-Benz et Chrysler ont annoncé le 7 mai leur projet de fusion qui doit donner naissance à la fin de l’année au numéro trois mondial de l’automobile, derrière les américains General Motors et Ford. Appelée DaimlerChrysler Aktiengesellschaft, la nouvelle entité formée par cette fusion aura un chiffre d’affaires de quelque 234 milliards de DM (130 milliards de dollars) sur la base des comptes 1997, et emploiera 420.000 salariés dans le monde. Les directions des deux groupes ont affirmé que la fusion n’entraînerait aucune fermeture d’usines, ni de licenciements, estimant au contraire qu’elle aura pour effet de créer des emplois. DaimlerChrysler doit être détenue à environ 57% par l’allemand, le reste revenant à Chrysler. La fusion est évaluée à 166 milliards de DM (92 milliards de dollars), et représente la plus importante du genre dans l’histoire de l’industrie. Grâce à leur union, les partenaires misent sur une économie totale de coûts de 1,4 milliard de dollars en 1999, et de 3 milliards de dollars par an pendant les année suivantes. Le feu vert de Bruxelles intervient au lendemain de l’annonce de l’ouverture d’une enquête par le «gendarme» de la bourse allemande (BAWe) sur un éventuel délit d’initié commis lors de l’annonce de la fusion. La BAWe a observé les transactions réalisées autour de la fusion en Allemagne et recherché l’identité des commanditaires. Les résultats de ces investigations doivent être communiqués à la Security and Exchange Commission (SEC), chargée de surveiller les marchés boursiers américains, qui n’a ni confirmé ni démenti l’ouverture d’une enquête sur un éventuel délit d’initié. Après le feu vert de Bruxelles, les actionnaires de Daimler-Benz et de Chrysler se prononceront sur la fusion le 18 septembre. Elle a déjà été approuvée le 14 mai par le Conseil de surveillance de Daimler-Benz. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Bruxelles a donné jeudi son feu vert à la fusion entre les constructeurs automobiles américain Chrysler et allemand Daimler-Benz, la plus importante dans l’histoire de l’industrie, autorisant ainsi la naissance du troisième groupe automobile mondial. Cette fusion, déclarée compatible avec le marché européen, n’aura qu’une incidence «mineure» en terme de parts de marché dans le secteur de l’automobile, notamment en raison de la «force» des concurrents de Daimler-Benz et de Chrysler, a indiqué le porte-parole de Karel Van Miert, commissaire européen à la concurrence. La Commission a estimé que pour l’ensemble des voitures particulières, la part combinée des deux groupes sur le marché, en prenant pour base le nombre de voitures immatriculées en 1997, n’excédera pas 10% dans l’Espace économique ...