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Actualités - Chronologie

Trop grand, le Moderna Museet

E nouveau musée d’art moderne de Stockholm, qui a déjà accueilli des dizaines de milliers de visiteurs, a l’ambition de retrouver une place importante dans le monde de l’art contemporain en dépit d’une forte concurrence internationale et des moyens financiers limités. «Le Moderna museet est trop grand pour la seule Suède: il doit franchir les frontières pour jouer à nouveau le rôle dirigeant qui était le sien il y a trente ans», a souligné le ministre suédois de la Culture, Marita Ulvskog. Les coûts du monument (60 millions de dollars), conçu par l’Espagnol Rafael Moneo, architecte du musée Thyssen à Madrid, sur l’emplacement même de l’ancien musée ouvert en 1958, devenu exigu et désuet, ont avalé pour l’instant presque tous les fonds disponibles. Il ne reste plus que 87.500 dollars en caisse pour acheter de nouvelles œuvres et compléter et mettre à jour la belle collection du musée, une des plus importantes en Europe, a indiqué son conservateur en chef, l’Anglais David Elliott. Une goutte d’eau par rapport aux 60 millions dont dispose chaque année le musée Getty à Los Angeles. Mais David Elliott, qui avait dirigé avec succès le musée d’art moderne d’Oxford, veut profiter de l’instrument superbe qu’il dirige sur l’île de Skeppsholmen, avec ses 20.000 m2 dont 5.000 en surface d’exposition, pour faire de Stockholm un centre international, mais aussi de «réflexion» sur l’évolution de l’art contemporain. «Je souhaite que l’on réfléchisse à ce qui va se passer dans le monde de l’art dans les prochaines années», dit-il. En dehors de ses cinq sponsors actuels, David Elliott compte sur d’autres mécènes pour financer 20% du budget du musée (chiffré à 23 millions de dollars), misant sur la manne de 25 millions de dollars dépensée chaque année par l’industrie pour la vie culturelle en Suède, dont 13% sont destinés aux arts plastiques. Un enthousiasme que ne partage pas entièrement Mme Ulvskog, plus sceptique sur la générosité des sponsors et donateurs privés dans son pays. Concurrence D’autres nouveaux musées d’art moderne font concurrence: le Guggenheim à Bilbao, l’Arken à Copenhague, le dernier-né à Helsinki, mais aussi le centre Pompidou à Paris, et bien sûr, le plus important de tous, le Musée d’art moderne de New York, qui a été une source d’inspiration pour Stockholm. Fort de ses contacts, David Elliott a mis sur pied pour 1998 un programme international de coopération avec l’Afrique du sud et l’Australie, et annonce une participation aux Biennales de Sydney et Sao Paolo ainsi qu’à la Triennale de New Delhi. Si la presse et le public ont accueilli avec enthousiasme les nouvelles installations du Moderna Museet, réuni avec le Musée d’architecture suédois, l’exposition inaugurale, ouverte jusqu’au 19 avril, a «déconcerté plus d’un», selon le journal Svenska Dagbladet. Consacrée à l’art contemporain en Europe et aux Etats-Unis de 1960 à nos jours, «Blessures: entre démocratie et rédemption dans l’art contemporain» présente de manière un peu confuse, et sans explications, les œuvres de 60 artistes dont Francis Bacon, Andy Warhol, Georg Baselitz ou Felix Gonzales Torres. Une sélection d’œuvres suédoises des derniers cent ans, tirée des collections permanentes, illustre mieux la richesse du musée. Une rétrospective de 150 peintures, dessins et sculptures de Juan Miro, datant des années 1920 à 1950, illustrera cet été (9 mai - 30 août) la vision de nouveaux mondes par le grand artiste espagnol. Puis, en automne (du 10 octobre au 10 janvier 1999), l’exposition «Dans la lumière visible» montrera l’utilisation de la photographie dans l’art des 30 dernières années. Déjà montrée à Oxford, cette exposition sera enrichie avec une partie des 10.000 photographies de la collection du musée de Stockholm qui comprend 5.000 peintures, sculptures et dessins dont des Brancusi, Braque, de Chirico, Dali, Ernst, Kirchner, Giacometti, Léger, Magritte, Matisse, Miro, Mondrian, Picasso, Rauschenberg et Warhol. (AFP)
E nouveau musée d’art moderne de Stockholm, qui a déjà accueilli des dizaines de milliers de visiteurs, a l’ambition de retrouver une place importante dans le monde de l’art contemporain en dépit d’une forte concurrence internationale et des moyens financiers limités. «Le Moderna museet est trop grand pour la seule Suède: il doit franchir les frontières pour jouer à nouveau le rôle dirigeant qui était le sien il y a trente ans», a souligné le ministre suédois de la Culture, Marita Ulvskog. Les coûts du monument (60 millions de dollars), conçu par l’Espagnol Rafael Moneo, architecte du musée Thyssen à Madrid, sur l’emplacement même de l’ancien musée ouvert en 1958, devenu exigu et désuet, ont avalé pour l’instant presque tous les fonds disponibles. Il ne reste plus que 87.500 dollars en caisse pour...