Le puissant lobby énergétique russe, premier visé par l’engagement du gouvernement à relever les recettes fiscales, s’est rebellé mercredi contre le plan d’austérité exigé par le FMI, affirmant qu’il risquait de ruiner les meilleures entreprises du pays. Dans une déclaration adressée au président Boris Eltsine et au gouvernement, six des plus grosses compagnies pétrolières russes — les géants Lukoil, Ioukos, Sibneft, Sourgoutneftegaz, TNK et VNK, parmi les plus gros contribuables du pays — ont qualifié la politique industrielle du FMI et de la Banque mondiale d’«irresponsable». Selon les auteurs de la déclaration, la presse fiscale «insupportable» exercée par le gouvernement de Sergueï Kirienko sur le secteur énergétique, déjà pénalisé par la baisse des prix du pétrole sur les marchés internationaux, l’empêchera de «dégager les bénéfices sur lesquels compte le gouvernement». Selon eux, les desiderata des organisations financières internationales ne font qu’aggraver la crise et menacent de faillite les entreprises les plus concurrentielles du pays. Lors d’une conférence de presse, Alexeï Fedoune, vice-président de la première compagnie pétrolière russe Lukoil, a affirmé que le secteur pétrolier russe ne serait plus que l’ombre de lui-même avec ces mesures. «Si c’est cela qu’on veut, alors, il y a une logique. Mais dans ce cas, il faut le dire tout haut, pour qu’on puisse expliquer à nos employés que des centaines de milliers d’entre eux ne sont plus nécessaires et qu’il faut les licencier», a lancé M. Fedoune lors d’une conférence de presse. La fronde de ces entreprises pétrolières intervient deux jours après le feu vert du Conseil d’administration du FMI au déblocage de quelque 15,1 milliards de dollars pour la Russie — dont 4,8 milliards immédiatement. Cette aide, qui a écarté la menace de dévaluation qui pesait sur le rouble, est conditionnée à la mise en œuvre par le gouvernement russe d’un plan drastique de compression des dépenses budgétaires et d’amélioration des recettes fiscales. Les entreprises énergétiques sont parmi les premières visées par la volonté du gouvernement d’enrayer la spirale des impayés et de faire enfin rentrer les impôts. Le gouvernement a menacé récemment Gazprom de procéder à des saisies et des arrestations pour récupérer son dû. «Il faut bien chercher l’argent où il est», a souligné Alexandre Morozov, analyste à l’antenne de la Banque mondiale à Moscou. «Si (les pétroliers) n’en ont pas, on se demande bien qui peut en avoir, surtout quand on voit le type de voitures qu’ils peuvent se payer». Vladimir Nossov, analyste à United City Bank, a attribué la rébellion des pétroliers au récent refus du président Boris Eltsine d’avaliser une baisse de la taxe indirecte (accise) sur le pétrole qu’ils attendaient. Le vice-premier ministre Boris Nemtsov s’est voulu apaisant. Il a affirmé que le gouvernement pourrait envisager une baisse de cette taxe dès que les députés de la Douma auraient approuvé l’intégralité des mesures de relèvement des recettes fiscales proposées par M. Kirienko. (AFP)
Le puissant lobby énergétique russe, premier visé par l’engagement du gouvernement à relever les recettes fiscales, s’est rebellé mercredi contre le plan d’austérité exigé par le FMI, affirmant qu’il risquait de ruiner les meilleures entreprises du pays. Dans une déclaration adressée au président Boris Eltsine et au gouvernement, six des plus grosses compagnies pétrolières russes — les géants Lukoil, Ioukos, Sibneft, Sourgoutneftegaz, TNK et VNK, parmi les plus gros contribuables du pays — ont qualifié la politique industrielle du FMI et de la Banque mondiale d’«irresponsable». Selon les auteurs de la déclaration, la presse fiscale «insupportable» exercée par le gouvernement de Sergueï Kirienko sur le secteur énergétique, déjà pénalisé par la baisse des prix du pétrole sur les marchés...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.