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Actualités - Chronologie

Législatives au Cambodge : un pari risqué pour la communauté internationale

Cinq ans après le scrutin organisé par l’ONU, la communauté internationale prend le risque de se diviser sur le Cambodge en entérinant un processus électoral critiqué par l’opposition, les associations des droits de l’homme et surtout les Etats-Unis. Sans surprise, le mois dernier, elle a donné son aval à la tenue des élections législatives, assorti de recommandations pour qu’elles soient «libres et équitables» et de quelques inquiétudes quant aux conditions pluralistes du vote. Les principaux pays donateurs ont contribué au financement du scrutin de dimanche, au premier rang desquels l’Union européenne qui a débloqué une aide de 11,5 millions de dollars (sur un coût total de 27 M USD). Ils ont dépêché une mission de 500 observateurs, sous la coordination de l’ONU, afin de surveiller le déroulement du vote et juger s’il est acceptable. Toutefois, derrière un consensus de façade, avant même les résultats et leur interprétation, la communauté internationale est partagée sur l’avenir du royaume et les façons de régler le «problème cambodgien». D’un côté, les avocats du pragmatisme, qui se sont résolument engagés en faveur du processus électoral (notamment l’UE, en particulier la France, et le Japon) en dépit de l’instabilité politique chronique et des violences de juillet dernier. La stabilité indispensable Il y a un an, l’homme fort du Cambodge, Hun Sen, évinçait par la force son rival royaliste le prince Norodom Ranariddh du poste de co-premier ministre. L’UE a accordé son satisfecit aux préparatifs du scrutin, à l’enregistrement électoral (98,3%) et aux trois premières semaines de campagne, relativement calmes. Les chancelleries qui ont parié sur les élections en attendent, sinon une panacée, du moins la stabilité indispensable à leurs yeux au développement du Cambodge. Elles risquent cependant le discrédit si les élections sont perçues comme arbitraires ou injustes au lendemain du 26 juillet. Dans l’autre camp, parallèlement à l’opposition cambodgienne et avec l’appui des Etats-Unis, les associations humanitaires et les ONG mènent croisade pour les idéaux démocratiques, bafoués selon elles par le régime de Hun Sen. Le Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme au Cambodge (UNCHR), basé à Phnom Penh, a recensé depuis un an une centaine d’assassinats de partisans du prince Ranariddh. Il a fait état de harcèlement, d’intimidation et de violences contre les opposants à l’approche du scrutin. Les Etats-Unis, réceptifs aux plaintes de l’opposition et des organisations des droits de l’homme, ont réduit de 70% leur aide au processus électoral. Ils se sont de facto retirés du groupe des observateurs internationaux (JIOG) en décidant de s’abstenir de participer à la rédaction du communiqué final sur les conditions du scrutin «parce que le processus (conduisant aux élections) est fondamentalement vicié». Washington annoncera néanmoins ses propres conclusions sur la foi des informations recueillies par les 25 observateurs américains sur le terrain. «Entériner une élection sérieusement entachée ne pourra que contribuer à une détérioration du climat politique et entraver la marche du Cambodge vers la démocratie», a déjà averti l’équipe d’observation américaine. Il paraît difficile de réconcilier les deux camps. «Finalement, on arrivera certainement à une position commune sur le Cambodge. Mais de la façon dont les choses se passent, ce n’est pas pour demain», prédit un diplomate à Phnom Penh. (AFP)
Cinq ans après le scrutin organisé par l’ONU, la communauté internationale prend le risque de se diviser sur le Cambodge en entérinant un processus électoral critiqué par l’opposition, les associations des droits de l’homme et surtout les Etats-Unis. Sans surprise, le mois dernier, elle a donné son aval à la tenue des élections législatives, assorti de recommandations pour qu’elles soient «libres et équitables» et de quelques inquiétudes quant aux conditions pluralistes du vote. Les principaux pays donateurs ont contribué au financement du scrutin de dimanche, au premier rang desquels l’Union européenne qui a débloqué une aide de 11,5 millions de dollars (sur un coût total de 27 M USD). Ils ont dépêché une mission de 500 observateurs, sous la coordination de l’ONU, afin de surveiller le déroulement du...