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Actualités - Chronologie

A l'écoute de E.T.

Des dizaines de milliers de volontaires dans le monde vont mettre leurs ordinateurs personnels à la disposition d’un projet d’écoute de l’espace, lancé par l’université californienne de Berkeley, à la recherche de signaux radio extra-terrestres. La planète cybernétique ne manque pas de volontaires. «Nous avons enregistré 115.000 personnes dont, je crois, beaucoup d’étrangers, des Européens surtout», indique le Dr David Anderson, mathématicien et responsable du projet, SETIAhome. Qui ne serait pas tenté par «la mince mais captivante possibilité que son ordinateur détecte le doux murmure d’une civilisation extra-terrestre?» interroge le Dr Anderson. Ces PC du monde entier, véritable super-ordinateur virtuel, seront chargés de faire ce que les programmes officiels n’ont pas les moyens financiers de réaliser: décortiquer les messages de l’espace. SETI, acronyme de la Recherche d’une Intelligence Extra-Terrestre, est un programme scientifique fonctionnant depuis plus de vingt ans aux Etats-Unis, grâce à des financements privés, autour d’une poignée d’universités dont celle de Berkeley. Le film «Contact» s’est inspiré de ces universitaires qui rêvent de déceler un jour des signaux radio émis, volontairement ou non, par une civilisation au moins aussi avancée que la nôtre. Nos propres émissions télévisées, par exemple, se propagent à la vitesse de la lumière dans notre galaxie. A Porto Rico, les instruments de mesure du programme de Berkeley, SERENDIP, écoutent simultanément 168 millions de fréquences et analysent le flot de signaux radios captés par la coupole géante du radiotéléscope d’Arecibo. C’est sur ce projet que vient se greffer SETIAhome. Ferrari informatiques «Ces signaux sont très faibles après avoir parcouru de telles distances et SETIAhome sera dix fois plus sensible dans son analyse» que les instruments d’Arecibo, affirme Dan Werthimer, un responsable de Serendip. «Personne n’a pu exécuter jusqu’ici une telle recherche car elle exige une puissance de calcul énorme». Pour séparer le bon grain sonore de l’ivraie bruyante des interférences terrestres et cosmiques, il faut des super-ordinateurs, véritables Ferrari informatiques capables d’exécuter des milliards d’opérations à la seconde. Les dernières générations fonctionnent avec un très grand nombre de simples processeurs, dans une architecture appelée «massivement parallèle». C’est ce principe qu’utilisera SETIAhome. Ses responsables n’ont pas les moyens de s’offrir les rares super-ordinateurs convenant à un projet dont l’utilité divise toujours la communauté scientifique. Mais SETIAhome profitera gratuitement de la puissance des dizaines de milliers de processeurs «privés», accessibles par l’Internet. A partir de janvier prochain et pendant deux ans, les participants recevront chaque semaine par Internet un paquet de données que leur ordinateur se chargera d’analyser pendant ses périodes d’inactivité. Le propriétaire du PC pourra suivre l’opération par le biais de son économiseur d’écran, celui-ci dessinant la partie du ciel observée ou une carte terrestre du réseau d’ordinateurs à l’écoute. Si un signal qualifié de «candidat» est détecté, les équipes de SETIAhome se pencheront dessus. A ce jour, malgré une avalanche de témoignages allant de l’observation de soucoupes volantes jusqu’au kidnapping de terriens par les cousins des petits hommes verts, l’espace reste silencieux. Mais, souligne M. Werthimer, «depuis deux ans, on a découvert plusieurs planètes en orbite autour de soleils semblables au nôtre. Il semble que la galaxie foisonne de telles planètes. Certaines doivent forcément réunir la température et l’environnement nécessaires à la vie». (AFP)
Des dizaines de milliers de volontaires dans le monde vont mettre leurs ordinateurs personnels à la disposition d’un projet d’écoute de l’espace, lancé par l’université californienne de Berkeley, à la recherche de signaux radio extra-terrestres. La planète cybernétique ne manque pas de volontaires. «Nous avons enregistré 115.000 personnes dont, je crois, beaucoup d’étrangers, des Européens surtout», indique le Dr David Anderson, mathématicien et responsable du projet, SETIAhome. Qui ne serait pas tenté par «la mince mais captivante possibilité que son ordinateur détecte le doux murmure d’une civilisation extra-terrestre?» interroge le Dr Anderson. Ces PC du monde entier, véritable super-ordinateur virtuel, seront chargés de faire ce que les programmes officiels n’ont pas les moyens financiers de...