Sur un quai de gare reconverti en escale de l’Orient Express, la collection de John Galliano pour Dior, présentée hier à Paris, est un voyage imaginaire où se téléscopent joyeusement princesses florentines, mousquetaires Louis XIII et Indiennes de dessins animés. Le couturier anglais a planté son décor dans la gare d’Austerlitz, y recréant une atmosphère de souk avec paniers d’oranges et de dattes, tente berbère, sable et palmiers, totems géants et précieuses malles Vuitton. Au coup de sifflet, les mannequins descendent d’un train tiré par une antique locomotive à charbon. Se croisent alors devant l’assistance médusée, un François 1er (Linda Evangelista) en grand manteau-tapisserie sur cuissardes assorties, un mousquetaire en redingote de brocard et chapeau à plumes, la princesse Pocahontas en robe de mousseline jaune soleil incrustée de motifs indiens. Suivront Lucrèce Borgia, quelques duègnes, Marie de Médicis et même Louis XIV avec sa perruque, comme à Versailles. Au total 33 modèles qui sont autant d’images. Mais les fidèles auront tout le loisir de se rendre avenue Montaigne pour s’habiller. Depuis son rachat par le groupe italien Ferragamo, Emanuel Ungaro semble de plus en plus riche. Ses clientes, qui le sont aussi, tiennent à le montrer et n’ont que l’embarras du choix devant ces multiples combinaisons de dentelle rebrodées à bretelles-bijoux et ces fragiles petites robes noires enroulées autour du corps que l’on porte avec des mules à talons aiguilles. Pour sa part, le jeune Stéphane Rolland signait hier matin son premier défilé de haute couture chez Jean-Louis Scherrer. Pas de surprise, mais de jolis modèles de grand soir et quelques audaces pour le podium, comme cette robe de vestale en satin rosé fendue jusqu’à l’indiscrétion, ce bustier en grillage qui monte jusqu’aux yeux et ces seins offerts dans une corbeille de tulle sur un fourreau de velours. Au parfum Olivier Lapidus, quant à lui, met ses clientes au parfum. Partant du principe que tissus et fragrances ont des correspondances, le couturier a mis au point avec des chercheurs des étoffes parfumées grâce à des microcapsules qui libèrent progressivement leurs senteurs. Les tailleurs en taffetas embaument l’essence de cèdre, les robes de mousseline fleurent la sensuelle vanille, les fourreaux du soir exhalent la rose de Bulgarie et le patchouli. Quant à la robe de mariée en dentelle, elle est un bouquet éphémère de mimosa, de melon et de pêche. Chaque collection est l’occasion pour Olivier Lapidus de mettre au point un brevet, comme la machine à coudre sans fil et sans aiguille, les robes en fibres de fruits et de légumes, les vêtements à énergie solaire pouvant intégrer teléphone, fax et ordinateur... Il vient aussi de déposer une demande de brevet, car ses tissus parfumés résisteraient même aux lavages et aux nettoyages à sec. Avec Valentino, les stars italiennes et américaines affichent leur luxe. Pas un tissu dans sa collection qui ne soit rebrodé, parsemé de perles, strié d’argent. Jusqu’aux longs cardigans de maille qui sont tissés de rubans, griffés de paillettes, gansés de chinchilla ou d’ocelot. Si la silhouette générale flirte du côté des années 50 pour les modèles de jour — vestes courtes et droites sur jupe à mi-mollet —, le soir évoque la période Art Déco avec des robes effaçant la taille, en soie, tulle, taffetas ou satin incrustés de motifs géométriques, de jais et de strass. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Sur un quai de gare reconverti en escale de l’Orient Express, la collection de John Galliano pour Dior, présentée hier à Paris, est un voyage imaginaire où se téléscopent joyeusement princesses florentines, mousquetaires Louis XIII et Indiennes de dessins animés. Le couturier anglais a planté son décor dans la gare d’Austerlitz, y recréant une atmosphère de souk avec paniers d’oranges et de dattes, tente berbère, sable et palmiers, totems géants et précieuses malles Vuitton. Au coup de sifflet, les mannequins descendent d’un train tiré par une antique locomotive à charbon. Se croisent alors devant l’assistance médusée, un François 1er (Linda Evangelista) en grand manteau-tapisserie sur cuissardes assorties, un mousquetaire en redingote de brocard et chapeau à plumes, la princesse Pocahontas en robe de...