L’un des derniers archetiers français peine à exercer son métier parce que le foisonnement des règles pour la protection végétale et animale rend de plus en plus difficile la collecte des précieux matériaux — le pernambouc, l’ivoire, l’écaille de tortue — qui entrent dans la confection de ses produits. «Le commerce de l’ivoire, de l’écaille de tortue, même du pernambouc est interdit ou réglementé. Il n’y a que le crin de cheval qui se trouve sans difficulté», explique Jacques Poullot, 38 ans, installé dans le petit village de Brochon en Côte-d’Or. Jacques Poullot, qui a reçu à Dijon le prix régional Prestige 98 Dunhill et qui a été sélectionné aux grands prix nationaux Dunhill, qui seront décernés en septembre, espère que cette récompense lui permettra de résoudre auprès des instances compétentes ses problèmes d’approvisionnement en matières premières. Les prix Dunhill récompensent des artisans exerçant un métier rare ou en voie de disparition, lié au luxe et au prestige. Fils de musicien et musicien lui-même, Jacques Poullot réalise entièrement à la main des archets haut de gamme destinés aux plus grandes maisons de lutherie. La majeure partie de sa production est destinée à l’exportation, notamment vers le Japon, les Etats-Unis, la Suisse et l’Italie. Selon lui, ils ne sont plus que quelques-uns en France — tous formés à Mirecort, dans les Vosges, capitale de la lutherie française — à exercer ce métier. La quasi-totalité des archets sont maintenant fabriqués industriellement, en particulier en Allemagne. Sur mesure M. Poullot n’utilise que du pernambouc, un bois précieux qu’il va chercher sur place au Brésil. «On a tout essayé, dit-il, y compris les matériaux modernes comme le carbone, mais c’est ce bois qui présente les meilleures qualités de densité et de souplesse». Outre le bois et le crin de cheval, l’artisan utilise des matières précieuses, comme l’ivoire pour la hausse où s’attachent les crins, le nacre et l’écaille de tortue pour des incrustations décoratives, ainsi que l’or et l’argent. Dignes de jouer avec les plus beaux violons, ces archets ont également un prix: 15.000 francs en moyenne. Ils nécessitent trois jours de labeur, «une fois que tout le travail préparatoire a été effectué, tel que la découpe du bois». Il reste discret sur les noms des musiciens qui utilisent ses créations, mais reconnait «qu’il y a parmi eux des grandes pointures». Chaque archet est fait à la commande, et le plus souvent sur mesure. «Il faut tenir compte de la morphologie du musicien, de sa façon de jouer, ainsi que de l’instrument avec lequel il sera utilisé, violon, violoncelle ou contrebasse», souligne-t-il. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’un des derniers archetiers français peine à exercer son métier parce que le foisonnement des règles pour la protection végétale et animale rend de plus en plus difficile la collecte des précieux matériaux — le pernambouc, l’ivoire, l’écaille de tortue — qui entrent dans la confection de ses produits. «Le commerce de l’ivoire, de l’écaille de tortue, même du pernambouc est interdit ou réglementé. Il n’y a que le crin de cheval qui se trouve sans difficulté», explique Jacques Poullot, 38 ans, installé dans le petit village de Brochon en Côte-d’Or. Jacques Poullot, qui a reçu à Dijon le prix régional Prestige 98 Dunhill et qui a été sélectionné aux grands prix nationaux Dunhill, qui seront décernés en septembre, espère que cette récompense lui permettra de résoudre auprès des instances...