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Actualités - Chronologie

Prolifération des orphelins de guerre

Depuis le génocide de 1994, «nous accueillons toujours plus d’orphelins» dont les parents sont morts au cours d’attaques de la rébellion rwandaise, dit Athanasie Nyirabagesera, directrice de l’orphelinat Noël de Nyundo, dans la préfecture de Gisenyi (nord-ouest). «Aujourd’hui nous avons 606 enfants, âgés de 0 à 17 ans. Ils nous arrivent par groupes accompagnés par l’armée. Rien que depuis le début du mois de juillet, plus de 16 sont arrivés. Il y a trois mois ils étaient 450», précise-t-elle. «En fonction des événements, il en arrive plus ou moins. Mais depuis le génocide, nous en accueillons toujours plus», ajoute-t-elle. Situé au bord de la route bordée de patrouilles qui relie la ville de Gisenyi à Ruhengeri (nord), à une quinzaine de kilomètres de Gisenyi, l’orphelinat est gardé par quelques militaires. Gisenyi est l’une des préfectures les plus touchées par les violences qui ensanglantent à nouveau depuis plus d’un an le Rwanda. Bâti en 1955 pour les nouveau-nés orphelins, cet établissement n’accueille quasiment plus que des enfants dont les parents sont morts au cours de massacres ou d’attaques de la rébellion. «Chaque enfant a une histoire différente. Hutus ou Tutsis, on ne fait pas de différence puisqu’ils se retrouvent tous ici dans le malheur», confie Agathe Bendantarama, assistante sociale. «La solidarité se développe chez ces enfants et les plus âgés s’occupent des plus jeunes comme dans une famille», ajoute-t-elle. Marie-Thérèse Musabyimana a seize ans et vit à Nyundo depuis un an. Née dans le Masisi (province est de République démocratique du Congo, RDC), elle est venue au Rwanda avec ses parents en 1995, comme beaucoup de Banyamulenge (Tutsis vivants dans l’est du Zaïre). «Mais mes parents sont morts de maladie, j’ai oublié quand. Je suis ici, je ne peux rien faire, alors je m’occupe des plus petits», explique-t-elle dans un français timide, précisant «je vis bien ici et je n’ai plus peur». Seuls les nouveau-nés sont pour l’instant sans histoire. Abandonnés dans des bananeraies, ou retrouvés par l’Armée patriotique rwandaise (APR) après une attaque, ils essaient ici de survivre. Au total, l’orphelinat regroupe 11 bébés de moins d’un an, 43 de un à deux et 86 de trois à cinq ans. Le personnel, qui encadre tous ces enfants, 11 infirmières et assistantes sociales, est bénévole. «Nous avons très peu de moyens, le gouvernement paye l’électricité et l’eau, heureusement la Coopération française nous fournit nourriture, médicaments et du lait pour les enfants en bas âge», explique Athanasie Nyirabagesera. «Le budget que nous consacrons à cet orphelinat est difficile à évaluer parce que c’est une aide quotidienne qui coûte peu, mais qui compte beaucoup. Environ 30.000 dollars depuis le mois de mars, quand nous avons commencé à travailler ici», indique Alain Le Ravalec, chef de la mission française de coopération au Rwanda. «La plupart des enfants souffrent de maladies des voies respiratoires, de gastro-entérites, et de la malaria. Les plus jeunes sont les plus vulnérables: le mois dernier, nous avons perdu 11 petits dans une épidémie de rougeole», raconte l’infirmière Emérence Kanyamibwa. 322 enfants sont scolarisés dans le primaire et 43 dans le secondaire. Mais le problème demeure pour la plupart d’entre eux de la sortie de l’orphelinat. (AFP)
Depuis le génocide de 1994, «nous accueillons toujours plus d’orphelins» dont les parents sont morts au cours d’attaques de la rébellion rwandaise, dit Athanasie Nyirabagesera, directrice de l’orphelinat Noël de Nyundo, dans la préfecture de Gisenyi (nord-ouest). «Aujourd’hui nous avons 606 enfants, âgés de 0 à 17 ans. Ils nous arrivent par groupes accompagnés par l’armée. Rien que depuis le début du mois de juillet, plus de 16 sont arrivés. Il y a trois mois ils étaient 450», précise-t-elle. «En fonction des événements, il en arrive plus ou moins. Mais depuis le génocide, nous en accueillons toujours plus», ajoute-t-elle. Situé au bord de la route bordée de patrouilles qui relie la ville de Gisenyi à Ruhengeri (nord), à une quinzaine de kilomètres de Gisenyi, l’orphelinat est gardé par quelques...