Le premier ministre turc Mesut Yilmaz a affirmé lundi que son pays était décidé à assurer la sécurité des Chypriotes-turcs, au début d’une visite dans le secteur nord de Chypre, divisée depuis vingt-quatre ans. Cette visite est destinée à exprimer le soutien d’Ankara aux Chypriotes-turcs à l’occasion de l’anniversaire du débarquement des troupes d’Ankara à Chypre, le 20 juillet 1974. «L’achat des missiles S-300 et la construction des bases dans le sud de Chypre réservées à la Grèce montrent que les Grecs et les chypriotes-grecs n’ont tiré aucune leçon de l’Histoire, ce qu’ils auraient dû faire», a-t-il ajouté à son arrivée à l’aéroport d’Ercan, dans le secteur nord de Nicosie. «Les derniers développements aventuriers, qui rappellent (les événements) d’avant 1974, sont dangereux et erronés», a encore affirmé M. Yilmaz. «La Turquie est décidée à assurer la sécurité des Chypriotes-turcs. La Turquie n’est pas hostile à la Grèce, mais cette dernière doit assumer la responsabilité si elle continue de faire preuve d’hostilité contre la Turquie», a dit M. Yilmaz. Chypre est divisée en deux secteurs, turc au nord et grec au sud, depuis l’intervention de l’armée d’Ankara, en réponse au coup d’Etat du 15 juillet 1974 des nationalistes chypriotes-grecs, soutenu par la junte militaire alors au pouvoir à Athènes, qui visait à rattacher l’île à la Grèce. Une République turque du nord (RTCN), dont le président est M. Rauf Denktash, a été proclamée en novembre 1983 dans le nord de Chypre. La RTCN n’est reconnue que par Ankara, qui y maintient 30.000 à 35.000 troupes. «Protéger la paix» «La coopération entre la Turquie et la RTCN revêt une importance capitale pour la préservation de la paix et de la stabilité dans la région», a poursuivi M. Yilmaz. «Les troupes turques qui sont venues à Chypre protègent la paix depuis vingt-quatre ans», a déclaré pour sa part M. Denktash en accueillant M. Yilmaz, dans une allusion à l’absence d’affrontements intercommunautaires depuis 1974 à l’exception de quelques incidents sur la «Ligne verte» qui sépare les secteurs turc et grec. M. Yilmaz participera à Nicosie aux cérémonies organisées à l’occasion du 24e anniversaire de l’intervention d’Ankara à Chypre, célébré comme la «Fête de la liberté et de la paix» dans le nord de l’île. M. Yilmaz est accompagné notamment du ministre d’Etat chargé des affaires de Chypre, Sukru Sina Gurel. La visite de M. Yilmaz dans le nord de Chypre doit être suivie de celle du président turc Suleyman Demirel, prévue samedi. «Le maintien de la RTCN est la pierre principale de la paix et de la stabilité en Méditerranée orientale. La Turquie poursuit ses efforts pour préparer un avenir plus sûr au peuple turc de Chypre», a pour sa part indiqué M. Demirel dans un message de solidarité à M. Denktash. «Les milieux qui n’ont pu digérer la présence de la RTCN continuent leurs activités pour accroître la tension à Chypre», a indiqué M. Demirel, dans une allusion à l’achat des missiles russes S-300 par le gouvernement (chypriote-grec) de Nicosie pour renforcer sa défense aérienne contre la Turquie. La Turquie s’oppose au déploiement dans le sud de l’île des S-300 russes car, selon elle, ils peuvent être transformés en armes offensives et constituent une menace pour les Chypriotes-turcs ainsi que pour son propre territoire. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le premier ministre turc Mesut Yilmaz a affirmé lundi que son pays était décidé à assurer la sécurité des Chypriotes-turcs, au début d’une visite dans le secteur nord de Chypre, divisée depuis vingt-quatre ans. Cette visite est destinée à exprimer le soutien d’Ankara aux Chypriotes-turcs à l’occasion de l’anniversaire du débarquement des troupes d’Ankara à Chypre, le 20 juillet 1974. «L’achat des missiles S-300 et la construction des bases dans le sud de Chypre réservées à la Grèce montrent que les Grecs et les chypriotes-grecs n’ont tiré aucune leçon de l’Histoire, ce qu’ils auraient dû faire», a-t-il ajouté à son arrivée à l’aéroport d’Ercan, dans le secteur nord de Nicosie. «Les derniers développements aventuriers, qui rappellent (les événements) d’avant 1974, sont dangereux et...