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Actualités - Chronologie

Capitale de l'ambre

La nouvelle mode des bijoux naturels fait le bonheur des trafiquants d’ambre venant de l’enclave russe de Kaliningrad et profite aux 20.000 bijoutiers polonais dont la majorité œuvrent à Gdansk, grand centre de production, de traitement et de contrebande de ce trésor de la Baltique. «La Pologne totalise entre 60% et 65% des ventes mondiales de produits en ambre et en exporte pour 300 millions de dollars par an», estime Wieslaw Gierlowski, fondateur de la Chambre de producteurs polonais d’ambre (Izba Bursztynnikow). Le plus grand spécialiste de l’ambre en Pologne, M. Gierlowski, 73 ans, conseille actuellement les professionnels russes qui tentent de reconstruire la «Chambre d’ambre» datant du XVIIe siècle, le célèbre trésor perdu dont on n’a plus de trace depuis que les Allemands l’ont évacué en 1944 de Kaliningrad (l’ancienne Koenigsberg prussienne, ville natale d’Emmanuel Kant). Il s’empresse néanmoins d’ajouter que «les ventes illégales» se chiffrent à 50 millions de dollars, et que «la production au noir» s’élève à 80 tonnes par an, contre 250 tonnes de produits fabriqués officiellement. Là aussi, Gdansk est «à l’honneur». Une longue tradition Grand port de la Baltique, situé à 100 kilomètres à peine de l’enclave de Kaliningrad qui est un haut lieu du trafic d’ambre, Gdansk est devenue la plaque tournante des contrebandiers russes et des producteurs polonais. C’est en effet dans l’enclave que se trouvent d’immenses gisements d’ambre estimés à 1 million de tonnes. M. Gierlowski indique que les mines de la zone extraient entre 500 et 900 tonnes d’ambre par an, mais «il faut y ajouter au moins la moitié de ce volume qui le sont illégalement». Bien que les gisements d’ambre situés dans la région de Gdansk valent en gros ceux de Kaliningrad, le trafic massif fait que l’extraction en Pologne rapporte peu. Or, l’extraction illégale a une longue tradition dans la région. «De véritables groupes mafieux avaient opéré ici dans les années 1970 sous le régime communiste, se livrant une guerre sans merci pour le contrôle de ce marché lucratif», raconte le commissaire Wojciech Chmielewski, chef du commissariat de police du quartier de Gdansk-Stogi. Ce quartier peu peuplé et excentré forme un îlot, baigné au nord par la Baltique et traversé par de nombreux canaux. Dans la forêt qui touche la dune, on voit les effets du travail des «pelleteurs», comme on appelle communément ceux qui continuent à extraire en fraude la précieuse résine. Ils le font à l’aide de pompes qui injectent de l’eau sous pression à 5 mètres de profondeur. La terre et les restes de bois ressortis ainsi contiennent de l’ambre. Il suffit de mettre le tout dans une solution de sel pour que l’ambre apparaisse à la surface. Une résine vieille de 45 millions d’années Une fois le travail terminé, les chercheurs laissent derrière eux un paysage lunaire: des hectares de sable à la place de la couverture naturelle de la forêt, et des trous profonds, pièges dangereux pour les ramasseurs de champignons. «C’est un dur labeur, dangereux et mal rémunéré», dit le commissaire Chmielewski. Un groupe de cinq «pelleteurs» peut gagner en une nuit entre 20 et 25 dollars par tête. En revanche, le commerce paie toujours bien. Le long de la rue piétonne Dluga, dans le centre historique de Gdansk fréquenté par les touristes, l’ambre fait vivre de nombreuses petites boutiques et des commerçants ambulants. Des colliers pesant de 100 à 500 grammes se vendent entre 25 et 200 dollars. Des bracelets de 200 à 500 grammes coûtent entre 50 et 150 dollars, selon la qualité. Produits en petites séries, voire faits main, les bijoux en ambre trouvent de nombreux acquéreurs en Europe occidentale et en Asie en premier lieu. Ornés d’argent ciselé, ils recèlent parfois des insectes ou parties de végétaux, vieux, comme l’ambre lui-même, de 45 millions d’années. (AFP)
La nouvelle mode des bijoux naturels fait le bonheur des trafiquants d’ambre venant de l’enclave russe de Kaliningrad et profite aux 20.000 bijoutiers polonais dont la majorité œuvrent à Gdansk, grand centre de production, de traitement et de contrebande de ce trésor de la Baltique. «La Pologne totalise entre 60% et 65% des ventes mondiales de produits en ambre et en exporte pour 300 millions de dollars par an», estime Wieslaw Gierlowski, fondateur de la Chambre de producteurs polonais d’ambre (Izba Bursztynnikow). Le plus grand spécialiste de l’ambre en Pologne, M. Gierlowski, 73 ans, conseille actuellement les professionnels russes qui tentent de reconstruire la «Chambre d’ambre» datant du XVIIe siècle, le célèbre trésor perdu dont on n’a plus de trace depuis que les Allemands l’ont évacué en 1944 de...