Le tribunal de Tel-Aviv doit prononcer aujourd’hui jeudi sa sentence dans le procès d’un Israélien coupable de collusion avec l’Iran, dans lequel le premier ministre Benjamin Netanyahu a été accusé d’ingérence. Le tribunal a rejeté mercredi cette accusation et confirmé sa compétence dans le procès de M. Nahum Manbar, 52 ans, qui a été jugé coupable le 17 juin d’avoir vendu à l’Iran du matériel lui permettant de produire des gaz de combat. M. Manbar, un ancien parachutiste de l’armée devenu riche homme d’affaires et marchand d’armes, risque une peine de détention à perpétuité. M. Manbar a demandé au tribunal de lui accorder sa clémence. Il a reconnu «s’être trompé» et a plaidé avoir été «contraint d’évoluer sur le fil du rasoir» dans ses tractations avec l’Iran, a-t-on précisé de source judiciaire. L’avocat de la défense, Me Amnon Zichroni, a accusé M. Netanyahu de s’être ingéré dans le cours de la justice en contactant le président du tribunal, le juge Amnon Strashnov pendant le procès. Me Zichroni a d’autre part accusé le juge d’avoir entretenu «des relations intimes» — également pendant le procès — avec Me Pninat Yaneï, alors qu’elle était avocate de la défense, qui aurait joué un double jeu. Selon Me Zichroni, l’avocate aurait aussi eu des liaisons multiples, notamment avec un agent du service de sécurité Shin Beth chargé de l’enquête dans le dossier Manbar, et avec M. Shaï Bazak, porte-parole de M. Netanyahu. Le juge Strashnov a rejeté ces accusations. «Elles n’ont pas été portées de bonne foi. Je n’ai pas eu de contacts avec Me Yaneï avant ni pendant le procès, et la dernière fois que j’ai parlé au premier ministre, c’était le 25 février 1997, en public, devant la commission des lois à la Knesset» (Parlement), a-t-il affirmé. «Depuis, je ne lui ai pas parlé, ni à M. Bazak», a-t-il ajouté. Me Zichroni a indiqué qu’il interjetterait appel devant la Cour suprême contre la décision de M. Strashnov de ne pas se dessaisir du dossier Manbar. Il dispose d’un délai de cinq jours pour cette démarche, qui n’est pas suspensive de la poursuite du procès. Le bureau du procureur de l’Etat a annoncé qu’il allait ouvrir une enquête sur les accusations portées contre le juge Strashnov et, le cas échéant, y donner des suites judiciaires. Cependant, la police a affirmé n’avoir pas reçu l’instruction d’ouvrir une enquête. L’opposition travailliste a réclamé la démission de M. Netanyahu, estimant «intolérable» l’ingérence supposée du premier ministre dans le procès. Elle accuse le chef du gouvernement d’avoir personnellement donné l’ordre d’arrêter M. Manbar, en 1997, pour «régler des comptes» avec les travaillistes, dont l’homme d’affaires était proche. M. Netanyahu, qui n’en est pas à sa première «affaire» depuis son élection en 1996 mais qui y a toujours survécu, a démenti en bloc les allégations portées contre lui. Cependant, il avait publiquement réclamé une peine sévère contre M. Manbar, le 18 juin, au lendemain du verdict de culpabilité. «C’est un criminel responsable d’actes d’une gravité sans précédent dans l’histoire d’Israël et j’espère qu’il le payera très cher», a-t-il affirmé. (AFP)
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