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Actualités - Biographies

A la barre d'intel

Andrew Grove, le PDG d’Intel, passe la barre à la tête du géant des microprocesseurs, dans une manœuvre carrée et sans fanfare typique de ce héros discret de la Silicon Valley. S’il est connu dans les milieux spécialisés, M. Grove ne suscite pas la fascination populaire d’un Bill Gates ou d’un Steve Jobs, les cofondateurs respectifs de Microsoft et Apple Computer. Il a été le premier surpris lorsque «Time Magazine» lui a décerné en décembre le titre d’homme de l’année 1997, pour son rôle fondamental dans le raz-de-marée de la micro-informatique. «J’étais complètement incrédule, raconte-t-il dans une interview au quotidien «Washington Post». Je ne me voyais pas comme le prochain sur cette liste de grands noms». Pourtant, l’immigré hongrois arrivé aux Etats-Unis en 1957 avec quelques dollars en poche a contribué à créer un groupe au chiffre d’affaires de 25 milliards de dollars, dont les microprocesseurs constituent le cerveau de dizaines de millions de PC dans le monde. Lorsqu’Intel a été fondé, en 1968, par le trio d’ingénieurs Robert Noyce, Gordon Moore et Andrew Grove, l’informatique était synonyme de mystérieuses et énormes machines trônant dans les salles climatisées des grandes entreprises et universités. La fabuleuse miniaturisation des circuits internes des ordinateurs, autour du microprocesseur, a installé un PC sur les bureaux des employés, puis dans des millions de foyers. Les enfants y font tourner des programmes-jeux pour apprendre à lire et à compter. Discipline Officiellement premier salarié d’Intel, Andrew Grove a largement contribué à cette révolution, imposant au groupe une vision doublée d’une discipline de fer. Gros travailleur, M. Grove ne s’autorise jamais de pause. «Seuls les paranoïaques survivent»: de son credo, il a fait le titre d’un livre. Né Andras Grof, à Budapest en 1936, il a perdu son père, un laitier juif, pendant la Deuxième Guerre mondiale, et a fui la Hongrie avec sa mère après l’écrasement par l’Armée rouge de l’insurrection hongroise, en novembre 1956. Bien que ne parlant que quelques mots d’anglais, il s’est inscrit à l’université de New York, dont il est sorti trois ans plus tard dans la botte de sa promotion d’ingénieurs. M. Grove est alors parti pour la côte Ouest et a obtenu un doctorat à l’université de Berkeley, suivi de plusieurs années de recherche fondamentale chez Fairchild Semiconductor, où il a rencontré ses deux partenaires. Chacun des fondateurs aura tenu la barre d’Intel pendant une dizaine d’années. M. Grove a maintenu le cap dans une industrie en constante évolution, malgré la concurrence des clones ou de technologies alternatives comme le PowerPC, l’architecture issue de l’alliance en apparence formidable entre IBM, Motorola et Apple. Depuis trois ans, Intel surfe sur la vague de l’informatique de réseau, que la montée en puissance d’Internet rend irrésistible. En dépit de sa méfiance légendaire, M. Grove n’a pas saisi tout de suite l’importance des micro-ordinateurs à moins de 1.000 dollars, des PC multimédias à petits prix introduits au printemps dernier et qui comptent déjà pour 35% des ventes aux Etats-Unis. Mais le groupe entend rattraper le retard et vient de lancer une gamme de microprocesseurs bon marché. Le successeur de M. Grove, Craig Barrett, était son numéro deux, et devrait continuer sur la même route, estiment les analystes. Quant à Andrew Grove, il va désormais se consacrer entièrement aux questions de stratégie, au poste de président du conseil d’administration. (AFP)
Andrew Grove, le PDG d’Intel, passe la barre à la tête du géant des microprocesseurs, dans une manœuvre carrée et sans fanfare typique de ce héros discret de la Silicon Valley. S’il est connu dans les milieux spécialisés, M. Grove ne suscite pas la fascination populaire d’un Bill Gates ou d’un Steve Jobs, les cofondateurs respectifs de Microsoft et Apple Computer. Il a été le premier surpris lorsque «Time Magazine» lui a décerné en décembre le titre d’homme de l’année 1997, pour son rôle fondamental dans le raz-de-marée de la micro-informatique. «J’étais complètement incrédule, raconte-t-il dans une interview au quotidien «Washington Post». Je ne me voyais pas comme le prochain sur cette liste de grands noms». Pourtant, l’immigré hongrois arrivé aux Etats-Unis en 1957 avec quelques dollars en...