La dégradation de l’environnement marin et la pollution chimique des océans sont considérées comme de plus en plus graves et constituent une menace pour les baleines qui préoccupe les experts et les membres de la Commission baleinière internationale. Un nouveau programme d’études sur l’impact des modifications de l’environnement sur les baleines devait être adopté par la CBI qui vient de tenir à Mascate les travaux de sa 50e session. Proposé par la Nouvelle-Zélande et soutenu par 18 pays, ce programme d’étude des menaces environnementales pourrait être doté d’un financement de l’ordre de 300.000 USD par an, selon plusieurs délégations. Deux groupes de travail de la CBI étudient les effets de la pollution chimique sur les cétacés et l’impact des changements climatiques. Plusieurs pays ont insisté, dès l’ouverture de cette 50e session, sur l’importance de ces problèmes: «Il s’agit là des plus lourdes menaces qui pèsent sur toutes les populations et toutes les espèces de cétacés», a déclaré le délégué français, Sami Hofmann. «Le réchauffement du climat, la dégradation de l’habitat, la pollution et autres perturbations nous invitent à adopter une attitude de précaution dans la gestion des baleines», a-t-il ajouté. Les enquêtes scientifiques menées ces dernières années montrent en effet que les cétacés, en bout de chaîne alimentaire, concentrent des quantités parfois incroyables de polluants toxiques de toutes sortes. Les baleines sont les meilleurs «indicateurs» possibles de la pollution par des subs- tances chimiques comme les pesticides, les composés organochlorés ou les métaux lourds comme le mercure. Témoins privilégiés Au fin fond de l’Arctique, les baleines sont contaminées et leur viande est devenue toxique et dangereuse pour la consommation humaine, comme vient de le montrer une étude suisse. Elles sont aussi les témoins privilégiés des changements climatiques dus aux émissions excessives de gaz carbonique et de la déperdition de la couche d’ozone, spécialement au-dessus de l’Antarctique, où un sanctuaire baleinier a été créé en 1994. Selon les scientifiques, les cétacés risquent d’être affectés indirectement de plusieurs manières par le réchauffement: – La chaîne alimentaire des océans sera affectée, menaçant certains écosystèmes vitaux. – Les ressources alimentaires et les habitats seront réduits ou déplacés, surtout en raison de la fonte partielle des glaces polaires. Les scientifiques craignent aussi que le réchauffement n’aggrave les effets de la pollution, qui diminue les défenses immunitaires des cétacés et réduit la fertilité des femelles. A côté de ces menaces, la chasse que poursuivent les Japonais et les Norvégiens en infraction avec le moratoire apparaîtrait presqu’anodine compte tenu de la reconstitution des stocks des baleines les plus courantes, en particulier les petits rorquals. Plusieurs pays protectionnistes reconnaissent d’ailleurs en privé qu’une chasse «durable» serait maintenant possible. Mais d’autres s’empressent d’ajouter qu’il ne faut pas cumuler les risques d’autant que, si la viande est contaminée par la pollution à des degrés divers, il vaut mieux éviter de la consommer, donc de chasser. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La dégradation de l’environnement marin et la pollution chimique des océans sont considérées comme de plus en plus graves et constituent une menace pour les baleines qui préoccupe les experts et les membres de la Commission baleinière internationale. Un nouveau programme d’études sur l’impact des modifications de l’environnement sur les baleines devait être adopté par la CBI qui vient de tenir à Mascate les travaux de sa 50e session. Proposé par la Nouvelle-Zélande et soutenu par 18 pays, ce programme d’étude des menaces environnementales pourrait être doté d’un financement de l’ordre de 300.000 USD par an, selon plusieurs délégations. Deux groupes de travail de la CBI étudient les effets de la pollution chimique sur les cétacés et l’impact des changements climatiques. Plusieurs pays ont insisté, dès...