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Actualités - Chronologie

L'Indonésie refuse une ASEAN musclée

L’Indonésie, à quelques jours de l’ouverture à Manille des réunions de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a fait le plus clairement possible savoir par avance son opposition à tout changement de la règle du consensus et de la non-intervention qui régit l’organisation régionale. «J’implore mes collègues et leur demande de ne pas prendre de décisions hâtives», a répondu M. Ali Alatas, le ministre indonésien des Affaires étrangères, interrogé sur la proposition de la Thaïlande d’autoriser les membres à se critiquer mutuellement. «Ne prenez pas de risque en voulant changer les principes, car l’Indonésie n’est pas d’accord et s’y opposera», a ajouté le vétéran diplomate dans des propos inhabituellement directs prononcés à Djakarta en marge d’une manifestation organisée par l’ASEAN. Le secrétariat général de l’organisation, qui compte depuis l’année dernière 9 membres (Birmanie, Brunei, Indonésie, Laos, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) est installé dans la capitale indonésienne. Le tabou de la non-intervention et de la non ingérence dans les affaires des pays membres est depuis ces deux dernières années de plus en plus discuté dans les couloirs de l’organisation régionale. Il a été directement brisé en début de semaine par le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, M. Surin Pitsuan, qui a déclaré que l’ASEAN devait parvenir à discuter «de manière plus ouverte et plus franche» des questions sensibles concernant ses membres. Outre la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines et Singapour ont également laissé entendre au cours de ces derniers mois qu’il était temps de «muscler» leur association, souvent comparée à un club de golfe réunissant des amis décidés à éviter soigneusement tout sujet de dissension. L’incapacité de l’ASEAN à formuler une réaction commune à la crise économique qui a frappé la région, venant, entre autres, après son impuissance face aux catastrophiques incendies en Indonésie, a renforcé la position de ceux qui pensent que l’organisation doit se donner des moyens d’agir et pour cela abandonner la règle de la recherche du consensus à tout prix. Avec sa mise en garde, M. Alatas a aussi clairement formulé qu’il ne fallait pas penser que les premières rencontres de l’ASEAN après la chute du président Suharto permettraient de réviser les principes fondamentaux d’une organisation dont il a été l’un des principaux architectes. Le souci du chef de la diplomatie indonésienne est d’autant plus compréhensible, ont d’autre part expliqué plusieurs diplomates occidentaux, que Djakarta doit contenir une relance des efforts de règlement de la question du Timor oriental, envahi militairement et annexé il y a plus de vingt ans. (AFP)
L’Indonésie, à quelques jours de l’ouverture à Manille des réunions de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a fait le plus clairement possible savoir par avance son opposition à tout changement de la règle du consensus et de la non-intervention qui régit l’organisation régionale. «J’implore mes collègues et leur demande de ne pas prendre de décisions hâtives», a répondu M. Ali Alatas, le ministre indonésien des Affaires étrangères, interrogé sur la proposition de la Thaïlande d’autoriser les membres à se critiquer mutuellement. «Ne prenez pas de risque en voulant changer les principes, car l’Indonésie n’est pas d’accord et s’y opposera», a ajouté le vétéran diplomate dans des propos inhabituellement directs prononcés à Djakarta en marge d’une manifestation organisée...