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Actualités - Chronologie

Pékin-Djakarta en solitaire ... sur un fauteuil roulant

Il n’a pas son pareil pour dévaler les escaliers, escalader les trottoirs et se faufiler au milieu des cyclistes: Frédéric Dessauve a emmené jeudi son fauteuil roulant en voyage à travers l’Asie, de Pékin à Djakarta, seul avec son sac à dos. «On peut très bien être handicapé et voyager seul partout dans le monde, sans avoir forcément un gros budget», assure ce Français de 41 ans, bien décidé à n’emprunter que les transports locaux — train ou autocar — tout au long de son trajet de 6 mois. «C’est le meilleur moyen de voir comment les gens vivent», explique-t-il. Bâti comme une armoire à glace, Frédéric Dessauve sait utiliser ses bras pour compenser la défaillance de ses jambes. A Pékin depuis une semaine, il a découvert la Cité Interdite et la Grande Muraille au mépris des marches et se prépare à affronter un pays peu habitué à accueillir les handicapés. «Le premier hôtel où je me suis présenté ne voulait pas me laisser entrer, soi-disant de peur qu’il m’arrive quelque chose. J’ai forcé le passage en jetant mon sac à l’intérieur», raconte-t-il, prêt à «bousculer les habitudes» et à «déblayer le terrain» au profit des autres handicapés. Malgré cet épisode, «les Chinois sont assez agréables avec moi, ils sont prêts à m’aider et cherchent à discuter, en dépit de la barrière de la langue», témoigne M. Dessauve. Sa présence ne passe pas inaperçue dans une ville où les handicapés restent souvent confinés à domicile. «J’ai déjà provoqué trois accidents de vélo. Les cyclistes sont tellement étonnés de me voir rouler sur les pistes cyclables qu’ils oublient de regarder devant eux», dit-il en riant. Dès la sortie de l’hôpital Passionné de voyages, M. Dessauve a vendu sa maison de la région parisienne pour financer sa croisière jaune et a demandé un congé sabbatique à son employeur. Victime d’un accident du travail il y a 18 ans, il a choisi de voyager «dès la sortie de l’hôpital», commençant par le Maroc, avant de parcourir le monde, de l’Egypte au Mexique. Pour préparer sa tournée dans six pays d’Asie (Chine, Vietnam, Cambodge, Thaïlande, Malaisie et Indonésie), Frédéric Dessauve a modifié son fauteuil roulant pour le rendre «léger, solide et pliable». Un support métallique lui permet d’accrocher son sac à dos devant lui, «ce qui permet de faire des kilomètres sans se fatiguer», sans oublier un autre élément fondamental: une bonne paire de gants. Pour réduire le poids, le contenu du sac a été réduit au strict minimum, avec «deux luxes» cependant, un appareil photo et un lecteur de mini-disques. Les guides sur les différents pays traversés lui seront adressés aux principales étapes. L’argent et les papiers précieux sont cachés dans le coussin sur lequel il s’assied. Tous ces détails techniques figureront dans le «guide» que Frédéric Dessauve compte écrire à son retour. Au cours de son trajet dans les régions reculées du centre-ouest puis du sud de la Chine, il va devoir faire face aux multiples complications que rencontre le voyageur indépendant qui ne parle pas chinois, handicapé ou non. «Je m’en suis rendu compte rien que pour acheter un billet de train», explique-t-il. Frédéric Dessauve veut démontrer que malgré ces difficultés, le voyage est une affaire de volonté. «En France, les handicapés se plaignent souvent de leurs conditions de vie. Ils ne se rendent pas compte que par rapport à la Chine, tout leur est accessible», résume-t-il. «En famille, les handicapés sont souvent surprotégés», explique le voyageur. «Certains me disent qu’ils aimeraient bien partir seuls aussi, pour pouvoir se sentir libres, mais qu’ils n’osent pas le faire. J’espère leur montrer que c’est possible». (AFP)
Il n’a pas son pareil pour dévaler les escaliers, escalader les trottoirs et se faufiler au milieu des cyclistes: Frédéric Dessauve a emmené jeudi son fauteuil roulant en voyage à travers l’Asie, de Pékin à Djakarta, seul avec son sac à dos. «On peut très bien être handicapé et voyager seul partout dans le monde, sans avoir forcément un gros budget», assure ce Français de 41 ans, bien décidé à n’emprunter que les transports locaux — train ou autocar — tout au long de son trajet de 6 mois. «C’est le meilleur moyen de voir comment les gens vivent», explique-t-il. Bâti comme une armoire à glace, Frédéric Dessauve sait utiliser ses bras pour compenser la défaillance de ses jambes. A Pékin depuis une semaine, il a découvert la Cité Interdite et la Grande Muraille au mépris des marches et se prépare...