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Actualités - Chronologie

Les fleuves, fléau millénaire de la Chine

La Chine n’en finit pas de subir la colère de ses grands fleuves, responsables d’inondations de plus en plus fréquentes au cours des siècles, comme celles qui ont coûté la vie à au moins 800 personnes ces dernières semaines. Le Yangtsé au sud et le Howang-Ho, le Fleuve Jaune, au nord ont sur la conscience des millions de morts, sans compter les victimes des désastres provoqués par leurs innombrables affluents et par les autres cours d’eau du pays. Le Fleuve Jaune a, à lui seul, débordé à plus de 1.600 reprises depuis l’an 602 av. JC. Il a également changé de cours par 26 fois et n’a pris sa forme actuelle qu’en 1855. Ces catastrophes sont provoquées par les alluvions, ces dépôts de sable en provenance du plateau de Loess que traverse le fleuve dans son cours supérieur. En s’accumulant, les alluvions font monter de 10 cm par an le lit du fleuve, enserré dans des digues de plus en plus hautes. Dans son cours inférieur, le Fleuve Jaune est désormais «suspendu» à plus de 20 mètres au-dessus des villes qu’il traverse. Siècle après siècle, l’envasement des fleuves aggrave les inondations. Leur fréquence est passée d’une tous les 18 ans en moyenne il y a 2.000 ans, à une tous les quatre ans depuis le XIVe siècle pour le seul Yangtsé, pourtant moindrement affecté que le Fleuve Jaune par les alluvions. Au XXe siècle, les débordements sont devenus quasiment annuels. En 1938, la crue du Fleuve Jaune tuait 890.000 riverains. Sous le régime communiste, la crue du Yangtsé laissait 30.000 morts en 1954. En sortant de leur lit simultanément, les deux fleuves, pourtant distants de 500 km, sont fréquemment parvenus au cours de l’histoire à mêler leurs eaux, recouvrant la grande plaine fertile de l’est du pays. Plus de 250.000 km2 de cultures ont pu ainsi être engloutis, soit près de la moitié de la superficie de la France. Des hivers secs Les caprices des deux grands fleuves reflètent l’irrégularité des précipitations. Si l’automne et l’hiver sont traditionnellement secs, le printemps et l’été concentrent en quelques mois de très fortes pluies, qui gonflent brutalement les lits de rivières presque à sec. L’an dernier, le cours inférieur du Fleuve Jaune est ainsi resté à sec pendant 266 jours, un record provoqué par la sécheresse et un pompage excessif pour les besoins de l’agriculture. Alors que les empereurs avaient entrepris la construction de digues le long des fleuves, l’actuel régime chinois s’est lancé dans l’édification de barrages géants. Le cours du Fleuve Jaune a été interrompu fin octobre afin d’édifier un barrage à Xiaolangdi, destiné avant tout à maîtriser les eaux et accessoirement à produire de l’électricité. «Le Fleuve Jaune est le berceau de la civilisation chinoise, mais ses inondations ont infligé d’innombrables désastres au peuple chinois», déclarait alors l’ancien premier ministre Li Peng, voyant dans la construction du barrage une «étape importante» de la maîtrise du fleuve. Dix jours plus tard, le Yangtsé était coupé pour la construction du Barrage des Trois Gorges, censé devenir la plus grande installation hydro-électrique du monde lors de l’achèvement des travaux en 2009. Ce barrage, s’il peut permettre de réguler le cours du fleuve en aval, pourrait aggraver les problèmes d’envasement en amont, estiment les écologistes occidentaux. L’érosion, à l’origine des alluvions, ne peut être combattue efficacement qu’au moyen d’un reboisement à long terme, soulignent-ils. Le régime chinois a fait de ces projets de grands desseins patriotiques. Suivant l’adage, «Qui maîtrise le Fleuve Jaune domine la Chine». (AFP - Reuters)
La Chine n’en finit pas de subir la colère de ses grands fleuves, responsables d’inondations de plus en plus fréquentes au cours des siècles, comme celles qui ont coûté la vie à au moins 800 personnes ces dernières semaines. Le Yangtsé au sud et le Howang-Ho, le Fleuve Jaune, au nord ont sur la conscience des millions de morts, sans compter les victimes des désastres provoqués par leurs innombrables affluents et par les autres cours d’eau du pays. Le Fleuve Jaune a, à lui seul, débordé à plus de 1.600 reprises depuis l’an 602 av. JC. Il a également changé de cours par 26 fois et n’a pris sa forme actuelle qu’en 1855. Ces catastrophes sont provoquées par les alluvions, ces dépôts de sable en provenance du plateau de Loess que traverse le fleuve dans son cours supérieur. En s’accumulant, les alluvions...