En milieu rural en général et dans la région de Baalbeck en particulier, le sort de la femme au plan économique a encore beaucoup de mal à être positif, à l’exception peut-être des situations où la femme est veuve et lorsqu’elle dirige elle-même ses affaires. Le «Plan de Développement Rural Intégré de la région de Baalbeck-Hermel», induit par les Nations Unies et géré par le «PNUD», a toutefois lancé, il y a quelques mois, une stratégie nouvelle d’appui aux associations de femmes qui existent dans cette région. L’objectif du projet tient dans la création de centres de formation professionnelle en association avec différentes organisations non gouvernementales et le ministère des Affaires sociales dans le but de promouvoir l’esprit d’entreprise des femmes et la création d’emplois qui leur sont adaptés. L’élément nouveau réside dans l’introduction, ces dernières semaines, d’un fonds de micro-crédit pour le financement de tout petits projets. En effet, la condition féminine dans la région est encore déplorable et le taux d’accroissement de la population, le plus rapide du pays. Ce projet favorise donc l’intégration des femmes dans le développement économique de la région et doit créer des revenus, des emplois pour les femmes, et ainsi améliorer leur niveau social et d’alphabétisation. Environ 20 000 familles de cette région vivent bien en deçà du seuil de pauvreté. Bien souvent, les hommes sont réduits à du travail journalier pour environ 15 000 LL de salaire. L’emploi se fait rare et les taches disponibles occupent la plupart du temps un jour sur deux les chefs de famille. Ainsi, bon nombre de foyers de 4 ou 5 enfants sont réduits à ne pas avoir les moyens d’envoyer les enfants même à l’école publique (les frais de scolarité étant de 80 000LL par an) et, pis encore, ces enfants doivent trouver un emploi de survie à partir de 10 ans. Le rôle économique de la femme et son intégration dans l’économie sont alors essentiels. Toutefois, les quelques rares emplois pour les femmes se limitent généralement à des postes de femmes de ménage pour une rémunération mensuelle d’environ 200 000LL . Le seuil de pauvreté au Liban Dans le mode de calcul du seuil de pauvreté, il faut distinguer deux phases: l’une étant basée sur les besoins et les consommations en terme de calories par l’ensemble de la population libanaise et spécialement par les plus démunis et la deuxième pouvant être très variable puisque faisant appel à des critères de consommation ou de niveaux de vie spécifiques au Liban, mais non forcément vitaux. En fait, les études de la Banque mondiale, en association avec le «PNUD», se sont basées sur la nourriture nécessaire par classe d’âge et catégorie d’individus vivant au Liban pour établir le minimum vital; un montant de 377$ a été évalué en 1993 et en milieu rural. L’incidence du milieu urbain implique une augmentation de 11,5%. A ce minimum vital basé sur le nombre strict de calories absorbées par jour par la population libanaise s’ajoute toutefois des frais plus ou moins incontournables et marquant une différence avec d’autres pays du tiers monde; ainsi, les frais de santé ou d’école ou encore les loyers, les transports, l’électricité, l’eau et divers autres services publics sont traditionnellement indispensables à la vie des Libanais; dans ces conditions, il faut doubler la somme retenue. Au vu de ces considérations, plus de la moitié de la population de cette région survivrait en dessous de ce seuil. La solution des micro- crédits du «PNUD» Les centres de formation ont été mis en place par l’équipe du «PNUD» à Baalbeck depuis déjà plusieurs mois. Toutefois, la formation professionnelle ne suffisant pas, les femmes ainsi formées ont été largement encouragées à créer leur propre emploi à travers des activités lucratives d’artisanat ou même agricoles. Ainsi, cette jeune habitante de Baalbeck qui a fondé une association «Atelier de travaux additionnels» propose à quelque 60 autres femmes de broder des «abayas» dans la pure tradition libanaise, sur du crêpe et au fil argenté ou doré. Le travail est encore irrégulier, mais les efforts de Mme Harfouche ont déjà été primés par l’UNESCO. Pour la rentrée, cette association de femmes prépare un lot important d’ouvrages brodés; mais là le bât blesse, l’argent manque pour le financement des matières premières. C’est sur ce point que le nouveau programme du «PNUD» intervient, grâce au micro-crédit animé par Mme Battoul Yarfoufi. Le financement de ces fournitures, à hauteur d’environ 5 000 dollars, sera assuré par divers fonds de micro-crédit, dont une partie avec une franchise en intérêt et capital de un an et remboursable ensuite en deux ans. Le taux d’intérêt moyen est faible, le crédit est réparti entre les femmes, mais le fonds exige un déposit du tiers du crédit et la caution de deux fonctionnaires. Un autre atelier, de tissage «kilim» cette fois, a été financé par l’US Aid à hauteur de 10 000 dollars, là aussi les finances font défaut pour l’acquisition des matières premières qui permettraient à quelque douze femmes d’animer ces cinq métiers à tisser. Aussi, le «PNUD» pourrait-il accorder un micro-crédit; cependant, il faut savoir que des centaines de dossiers sont parvenus sur les bureaux de cet organisme. Seuls vingt projets ont été étudiés et dix jugés recevables. Ateliers de couture, élevages de chèvres, boulangeries et même mini-vignoble pour vin rouge ou blanc «baladi» ( à Deir el-Ahmar) ont été créés, avec l’aide du micro-crédit, par cette population qui refuse la fatalité économique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats En milieu rural en général et dans la région de Baalbeck en particulier, le sort de la femme au plan économique a encore beaucoup de mal à être positif, à l’exception peut-être des situations où la femme est veuve et lorsqu’elle dirige elle-même ses affaires. Le «Plan de Développement Rural Intégré de la région de Baalbeck-Hermel», induit par les Nations Unies et géré par le «PNUD», a toutefois lancé, il y a quelques mois, une stratégie nouvelle d’appui aux associations de femmes qui existent dans cette région. L’objectif du projet tient dans la création de centres de formation professionnelle en association avec différentes organisations non gouvernementales et le ministère des Affaires sociales dans le but de promouvoir l’esprit d’entreprise des femmes et la création d’emplois qui leur sont...