Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'été a mal démarré pour le tourisme turc

Malgré la mer, le sable et le soleil, les plages et les hôtels ne sont que partiellement remplis cette année en Turquie, causant l’inquiétude des professionnels. «Il m’est arrivé de refuser des groupes parce qu’il y avait déjà trop de monde, mais là je n’en ai pas vu depuis des mois», se plaint un guide, Faruk Ayaz, qui, lassé d’attendre, est parti chercher un autre emploi. Alors que juillet devrait ouvrir la haute saison, les hôtels et les villages de vacances de la côte méditerranéenne font face à une non-fréquentation pouvant aller jusqu’à 60%. Jusqu’à présent florissant, le secteur touristique turc connaît ainsi sa première chute depuis plusieurs années, prenant les professionnels complètement au dépourvu. Tout en essayant de comprendre ce que la presse nomme déjà la «crise du tourisme», les hôteliers, agents de voyages et autres compagnies de charters opèrent des coupes franches dans leurs prix avec l’espoir de reconquérir les touristes. Baisse des réservations Les professionnels, au bord de la panique, ignorent le ministère du Tourisme qui s’obstine à défendre le caractère passager de la baisse, chiffres à l’appui. Les agents de voyages enregistrent une baisse des réservations de 25% par rapport à l’été dernier et le président de l’association hôtelière, Mehmet Akalimre, s’attend à ce que la fréquentation ne dépasse pas les 50% sur tout l’été. Ces craintes semblent partagées par le Trésor turc, l’armée et les services secrets qui se sont retrouvés à Ankara cette semaine lors d’une réunion exceptionnelle avec l’Association des agences de voyages turques, la Chambre des voyagistes et deux associations concurrentes d’hôteliers. La difficulté semble être de trouver la véritable explication du phénomène parmi le faisceau de causes avancées. L’Association des agences de voyages pense que la Turquie a perdu sa compétitivité en matière de prix, après la dévaluation de la drachme grecque et la baisse de la TVA espagnole. De nombreux hôteliers attribuent cette chute à la fermeture des casinos intervenue en début d’année. Mehmet Naci Irsadi, président de l’association des hôteliers et agents de voyages, y voit plutôt l’effet des problèmes politiques. La tension militaire liée à la question chypriote figure en tête de ces menaces. «Mais l’inutile guerre verbale menée par notre gouvernement contre l’Union européenne et particulièrement contre l’Allemagne a également largement contribué à mettre les touristes en froid avec la Turquie», estime M. Irsadi. Chute des prix Il accuse aussi la presse d’avoir insisté sur de tragiques accidents de bus transportant des touristes comme sur l’apparition en début d’année des rebelles kurdes du PKK dans la région de la station balnéaire d’Antalya. D’autres professionnels soutiennent que la Turquie s’est endormie sur ses lauriers en délaissant marketing et promotion. «Par exemple, l’année dernière nous avons dépensé 5 millions de marks (2,7 millions de dollars) pour du marketing en Allemagne, alors que la Grèce y dépensait 40 millions (22,2 millions de dollars)», a expliqué un professionnel du secteur, Huseyin Baraner. L’année dernière, la Turquie a atteint son objectif de 10 millions de touristes, gagnant 7,5 milliards de dollars. Le secteur s’attendait cette année à 12 millions de touristes et 10 milliards de dollars. Une autre réunion, convoquée d’urgence cette semaine à l’initiative de l’Union des Chambres de commerce, a appelé le gouvernement à abaisser la TVA et à rouvrir les casinos pour les étrangers. En attendant, le prix d’une semaine sur la riviera turque a chuté de 30% pour une prestation incluant vol, hébergement et nourriture, selon la presse locale. Les prix des hôtels sur la côte méditerranéenne, qui allaient de 35 à 55 dollars, varient désormais de 17 à 22 dollars. Et l’on affirme même qu’un hôtel 5 étoiles à Antalya offrirait ses chambres à 12 dollars la nuit. (AFP)
Malgré la mer, le sable et le soleil, les plages et les hôtels ne sont que partiellement remplis cette année en Turquie, causant l’inquiétude des professionnels. «Il m’est arrivé de refuser des groupes parce qu’il y avait déjà trop de monde, mais là je n’en ai pas vu depuis des mois», se plaint un guide, Faruk Ayaz, qui, lassé d’attendre, est parti chercher un autre emploi. Alors que juillet devrait ouvrir la haute saison, les hôtels et les villages de vacances de la côte méditerranéenne font face à une non-fréquentation pouvant aller jusqu’à 60%. Jusqu’à présent florissant, le secteur touristique turc connaît ainsi sa première chute depuis plusieurs années, prenant les professionnels complètement au dépourvu. Tout en essayant de comprendre ce que la presse nomme déjà la «crise du tourisme»,...