LA réouverture du palais Massimo aux Thermes de Rome après quinze ans de restauration symbolise ce que la presse italienne qualifie de «seconde Renaissance» et marque la redécouverte par l’Italie de son immense richesse culturelle. Acquis par l’Etat italien en 1981 pour 19 milliards de lires (10,8 millions de dollars), le palais Massimo, avec 33 salles et huit galeries, abrite une des plus riches collections de fresques et de mosaïques d’Italie, ainsi que des portraits, reliefs, sarcophages, une collection de statues en marbre et en bronze et, dans son sous-sol, une collection d’orfèvrerie et de monnaies antiques unique au monde. Le chantier d’une restauration qui aura coûté 68 milliards de lires (38,8 millions de dollars) continuait encore à la veille de l’inauguration: restauratrices soignant une fresque du 1er siècle avant JC, ouvriers perçant un mur ou déroulant des câbles dans ce bâtiment du XVIe siècle qui a abrité jusqu’en 1960 le collège des Jésuites après avoir été transformé en hôpital militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette inauguration se déroule un an après la réouverture de la galerie Borghèse et sa collection unique de statues de Bernin et Canova, et six mois après la réouverture du palais Altemps qui présente une inestimable collection de sculptures rassemblées au XVIIe siècle par le cardinal Ludovisi. La fréquentation des musées, où l’on peut désormais réserver son billet par téléphone, a progressé de 51% par rapport à 1997 en Italie. Les nouveaux musées ont modernisé la mise en valeur de leurs œuvres et les horaires d’ouverture ont été prolongés en nocturne. Ce renouveau est l’œuvre du ministre des Biens culturels et vice-président du Conseil, Walter Veltroni, qui a engagé depuis 1996 une profonde réforme de la politique culturelle. Nouveau printemps Le travail de M. Veltroni, ancien critique de cinéma, a ainsi permis l’éclosion d’un nouveau printemps du cinéma italien marqué lors du dernier festival de Cannes par le succès de Roberto Benigni. La fréquentation des salles a augmenté de 15% avec 528 nouveaux écrans en 1997 et, pour la première fois, les cinémas resteront ouverts cet été. Une loi originale permet l’adoption de cent films du patrimoine cinématographique par autant de villes et une autre loi oblige dorénavant les télévisions à investir dans la production cinématographique. Le ministre, issu du Parti communiste italien (PCI), a ouvert le financement de sa politique au capital privé, la culture représentant 1% du budget national. La gestion du site de Pompéï, le plus visité d’Italie, a ainsi été confiée à un consortium privé qui, en échange, s’engage à le restaurer, alors qu’une convention a été signée avec le patronat italien qui peut «adopter» et restaurer un monument. Autre source de financement, les recettes d’une loterie qui sont affectées à la restauration et représentent un apport de 300 milliards de lires (171,4 millions de dollars). Enfin, les contribuables peuvent consacrer une partie de leurs impôts (8 lires pour 1.000) à la culture. Après le palais Massimo, la modernisation des musées de Bologne, Venise, Mantoue, Naples, Turin et Florence est au programme. A Florence, la superficie du musée des Offices sera doublée dès décembre. La modernisation est loin d’être terminée. Le ministère de la Culture gère 3.500 musées pour la plupart vétustes. L’Italie a également du mal a protéger son trop riche patrimoine: plus de 31.000 objets d’art ont été volés en 1996 dans les musées et églises. D’autres secteurs culturels ont encore échappé à ce vent de renouveau: l’édition moribonde et la télévision où la culture est la grande absente. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats LA réouverture du palais Massimo aux Thermes de Rome après quinze ans de restauration symbolise ce que la presse italienne qualifie de «seconde Renaissance» et marque la redécouverte par l’Italie de son immense richesse culturelle. Acquis par l’Etat italien en 1981 pour 19 milliards de lires (10,8 millions de dollars), le palais Massimo, avec 33 salles et huit galeries, abrite une des plus riches collections de fresques et de mosaïques d’Italie, ainsi que des portraits, reliefs, sarcophages, une collection de statues en marbre et en bronze et, dans son sous-sol, une collection d’orfèvrerie et de monnaies antiques unique au monde. Le chantier d’une restauration qui aura coûté 68 milliards de lires (38,8 millions de dollars) continuait encore à la veille de l’inauguration: restauratrices soignant une fresque du 1er...