La Syrie, préoccupée par un processus de paix en panne et une politique américaine qui, selon ses dirigeants, s’avère inefficace face à Israël, cherche à donner à sa diplomatie une image plus incisive. Le point fort de cette nouvelle orientation: la visite qu’entreprend le président syrien Hafez el-Assad en France les 16 et 17 juillet, qui constituera son premier déplacement en France depuis 1976 et sa première visite d’Etat dans un pays occidental depuis cette même année. M. Assad, généralement peu porté sur les voyages à l’étranger, est aussi attendu à l’automne en Russie pour une première visite depuis huit ans dans ce pays. L’ancienne Union soviétique a longtemps été l’un des grands fournisseurs d’armes à la Syrie, son principal allié au Proche-Orient. Le premier ministre libanais Rafic Hariri a annoncé une visite de M. Assad au Liban également à l’automne, qui serait la première du président syrien au pays du cèdre, hormis un déplacement qu’il avait effectué à Chtaura, dans la plaine de la Békaa frontalière de la Syrie, en 1975. Une forte activité diplomatique syrienne s’est en outre développée en 1997 et 1998 avec des tournées du vice-président Abdel Halim Khaddam et du ministre des Affaires étrangères Farouk el-Chareh dans les pays arabes, en Europe et aux Etats-Unis, où les thèses défendues par Damas sont «de plus en plus accréditées», selon des sources diplomatiques. Ainsi, la France reconnaît que la proposition israélienne d’un retrait du Liban-Sud «n’a de chance d’aboutir que dans le cadre d’un accord de paix global» et que les volets syrien et libanais des négociations avec Israël, suspendues depuis février 1996, sont «indissociables». Encouragements Les Etats-Unis, pour leur part, ont encouragé le Liban à accepter la proposition israélienne de retrait tout en estimant que les volets libanais et syrien des pourparlers de paix sont imbriqués. Israël tente de conclure un accord avec le Liban et veut assortir de garanties de sécurité l’application de la résolution 425 du Conseil de Sécurité de l’ONU réclamant un retrait «sans délai» d’Israël du Liban-Sud. «La Syrie veut revenir dans le jeu international et mise pour cela sur l’Union européenne et sur la France au sein de l’Europe», a-t-on souligné de sources diplomatiques à Damas. Estimant que les choses ne peuvent plus «bouger» ni avec les Etats-Unis, accusés de conduire une politique trop pro-israélienne, ni avec le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, jugé «extrémiste», les dirigeants syriens ont décidé de se mettre de plus en plus en avant. La Syrie a conclu un accord pour rembourser ses dettes envers la Banque mondiale, qualifié par des sources de l’institution de «tournant dans les relations» entre la Syrie et les organisations financières internationales, au point mort depuis le milieu des années 80. Damas effectue des remboursements mensuels de 6 millions de dollars à la Banque mondiale, selon des sources informées. La Syrie a par ailleurs engagé, même si elle est le dernier des pays du pourtour méditerranéen à le faire, des négociations pour un accord d’association avec l’UE, qui mèneront à terme à une zone de libre-échange. Sur le plan intérieur, les autorités syriennes ont libéré récemment 225 prisonniers politiques, dont le secrétaire général du Parti communiste, M. Riad Turk, emprisonné depuis 17 ans, et le porte-parole d’une organisation de défense des droits de l’homme. Enfin la première visite depuis 48 ans de deux bâtiments de guerre de la Royal Navy dans le port syrien de Lattaquié, ce mois-ci, atteste de la politique d’ouverture de la Syrie et de sa volonté de renforcer ses rapports avec l’ensemble de l’Europe. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Syrie, préoccupée par un processus de paix en panne et une politique américaine qui, selon ses dirigeants, s’avère inefficace face à Israël, cherche à donner à sa diplomatie une image plus incisive. Le point fort de cette nouvelle orientation: la visite qu’entreprend le président syrien Hafez el-Assad en France les 16 et 17 juillet, qui constituera son premier déplacement en France depuis 1976 et sa première visite d’Etat dans un pays occidental depuis cette même année. M. Assad, généralement peu porté sur les voyages à l’étranger, est aussi attendu à l’automne en Russie pour une première visite depuis huit ans dans ce pays. L’ancienne Union soviétique a longtemps été l’un des grands fournisseurs d’armes à la Syrie, son principal allié au Proche-Orient. Le premier ministre libanais Rafic...