Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le Pakistan ouvre des négociations cruciales avec le FMI

Le Pakistan, frappé de sanctions économiques après ses essais nucléaires, entame mercredi des discussions cruciales avec le FMI, dont l’aide est indispensable au remboursement de sa dette, ont annoncé des sources officielles. Le Fonds monétaire international, qui a accordé un prêt échelonné de 1,6 milliard de dollars l’année dernière, a déjà retardé le paiement de la troisième tranche de 226 millions de dollars, qui aurait dû être versée en juin. D’autres prêts d’un montant total de 1,2 milliard de dollars que le Pakistan devait recevoir du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement (BAD) entre juillet et septembre sont aussi en jeu. Le gel de ces aides — à l’exclusion de l’aide humanitaire — a été décidé par les pays les plus industrialisés, regroupés au sein du G-8, après les essais nucléaires de l’Inde et du Pakistan en mai dernier. Les Etats-Unis ont pour leur part annoncé en juin le gel de prêts multinationaux à l’Inde (2,5 milliards de dollars par an) et au Pakistan (1,5 milliard de dollars par an). Islamabad avait tenté, sans convaincre, de minimiser l’impact de ces sanctions et lancé une campagne pour une impossible autosuffisance du pays tout en essayant d’attirer les capitaux des Pakistanais de l’étranger. Mais la décision des autorités, à la fin du mois de mai, de geler les comptes en devises étrangères des Pakistanais pour éviter des retraits paniques des déposants, a eu un effet catastrophique à cet égard. Désormais, les analystes se montrent pessimistes sur les chances du Pakistan à faire face à des sanctions fortes et durables. Les dirigeants eux-mêmes admettent que des retards dans la délivrance des prêts auraient un «effet négatif» sur la santé économique du pays. D’autant que les réserves de change sont tombées de 1,1 milliard de dollars avant les essais nucléaires à 840 millions de dollars actuellement. Les deux prochains mois vont être cruciaux et le Pakistan va avoir des difficultés de remboursement de ses dettes, a admis le ministre des Finances, Sartaj Aziz, samedi devant des hommes d’affaires à Karachi. La dette extérieure pakistanaise se monte à 35 milliards de dollars. Islamabad doit débourser 3 milliards de dollars chaque année pour le service de cette dette. Rien que pour la période de juin à septembre, le montant de la facture s’élève à 750 millions de dollars. «Le gouvernement a un gros problème», déclare l’économiste Asad Saeed, qui estime qu’une demande de «moratoire de la dette est désormais en vue». Il a estimé que le seul moyen pour le Pakistan d’éviter d’avoir à faire face à des sanctions trop lourdes est de signer le Traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT, selon son sigle anglais). L’Inde, en 1996, a refusé de signer le traité en réclamant un désarmement nucléaire total, et le Pakistan avait dit qu’il ne le signerait qu’après New Delhi. La délégation du FMI conduite par M. Paul Chabrier, directeur pour l’Asie du Sud, devrait rencontrer le premier ministre Nawaz Sharif, M. Aziz et le ministre du Commerce Ishaq Dar. (AFP)
Le Pakistan, frappé de sanctions économiques après ses essais nucléaires, entame mercredi des discussions cruciales avec le FMI, dont l’aide est indispensable au remboursement de sa dette, ont annoncé des sources officielles. Le Fonds monétaire international, qui a accordé un prêt échelonné de 1,6 milliard de dollars l’année dernière, a déjà retardé le paiement de la troisième tranche de 226 millions de dollars, qui aurait dû être versée en juin. D’autres prêts d’un montant total de 1,2 milliard de dollars que le Pakistan devait recevoir du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement (BAD) entre juillet et septembre sont aussi en jeu. Le gel de ces aides — à l’exclusion de l’aide humanitaire — a été décidé par les pays les plus industrialisés, regroupés au sein du G-8,...