Ils ont changé leur maillot au damier rouge et blanc pour un tee-shirt à leur effigie portant le slogan explicite: «fier d’être Croate». Le vêtement change, le sentiment demeure. Car pour les 22 joueurs de la sélection, représenter la Croatie est une activité à plein temps: sur et en-dehors des terrains de football. Cinq d’entre eux ont déjà connu les honneurs sous le maillot de la Yougoslavie. En 1987, Prosinecki, Boban, Suker, Stimac et Jarni remportaient le titre de champion du monde juniors au Chili. Mais, affirment-ils à l’envi comme le milieu de terrain Robert Prosinecki, premier joueur à avoir matraqué en Coupe du monde pour deux nations différentes, «jouer pour la Croatie c’est autre chose que de jouer sous les couleurs de la Yougoslavie». «J’avais du respect pour le maillot yougoslave, mais j’éprouve de l’amour et de la fierté pour le maillot croate», confirme le capitaine de la sélection Zvonimir Boban. Le sélectionneur Miroslav Blazevic, lui, affirme que ses joueurs ont joué pour la Yougoslavie «par obligation». La qualification obtenue aux dépens de l’ogre allemand ajoute encore à ce sentiment de fierté et décuple la joie des joueurs de ce «petit pays», comme aime à l’appeler avec tendresse Blazevic qui rappelle que «l’Allemagne a plus de licenciés que la Croatie d’habitants!». «Jamais la Croatie n’avait réalisé quelque chose de semblable», affirme le sélectionneur. Déjà, au soir de la défaite (1-0) de son équipe face à l’Argentine, lors du premier tour, Blazevic avait déclaré «je ne peux pas être mécontent. Ce résultat est même un succès pour la petite Croatie». Entre humilité et démagogie, le sélectionneur balance. L’attaquant Davor Suker, lui, ne parvient pas à trouver les mots pour décrire ses émotions: «Cette victoire veut dire beaucoup pour les 22 joueurs évidemment, mais également pour ce petit pays qui brûle aujourd’hui et fait la fête», souligne-t-il, se réjouissant de prouver que «ce ne sont pas toujours les grands qui gagnent». Patriotes, les Croates? Oui bien sûr, mais «pas plus que les Français ou les Anglais. Simplement, tout le monde en parle parce que nous représentons un pays neuf», rétorque le défenseur Slaven Bilic. Pour motiver ses joueurs, Blazevic n’hésite pas à utiliser un discours politique dans les vestiaires. «On se ment, dans le milieu sportif, quand on dit qu’on ne veut pas que la politique s’en mêle. Kohl, et Tudjman étaient dans les tribunes à Lyon et Chirac va également voir jouer, l’équipe de France!», s’exclame-t-il avec une lueur d’agacement dans l’œil. Effectivement, le président Tudjman était à Lyon et il est allé féliciter les joueurs et leur sélectionneur dans les vestiaires pour leur apporter «le message de (leurs) compatriotes: toute la Croatie est derrière vous».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ils ont changé leur maillot au damier rouge et blanc pour un tee-shirt à leur effigie portant le slogan explicite: «fier d’être Croate». Le vêtement change, le sentiment demeure. Car pour les 22 joueurs de la sélection, représenter la Croatie est une activité à plein temps: sur et en-dehors des terrains de football. Cinq d’entre eux ont déjà connu les honneurs sous le maillot de la Yougoslavie. En 1987, Prosinecki, Boban, Suker, Stimac et Jarni remportaient le titre de champion du monde juniors au Chili. Mais, affirment-ils à l’envi comme le milieu de terrain Robert Prosinecki, premier joueur à avoir matraqué en Coupe du monde pour deux nations différentes, «jouer pour la Croatie c’est autre chose que de jouer sous les couleurs de la Yougoslavie». «J’avais du respect pour le maillot yougoslave, mais...