Cinq pays du Moyen-Orient ont autorisé jusqu’à présent la vente du Viagra contre l’impuissance, qui s’arrache au marché noir jusqu’à 80 dollars malgré les conseils de quelques détracteurs pour lesquels seul le poisson promet «l’éternelle jeunesse». Oulémas et imams ne se sont pas opposés à l’utilisation du Viagra à condition qu’il soit consommé par des hommes «mariés» et qu’il ne comprenne pas de substance enivrante. Comme partout ailleurs, l’impuissance est considérée dans la région comme une humiliation et une hantise. Elle est combattue par des recettes fantaisistes ou par la consommation régulière de poissons et de fruits de mer qui, parait-il, mènent à la «voie royale de l’éternelle jeunesse». Le Koweit, les Emirats arabes unis, Bahrein, la Syrie et Israël ont d’ores et déjà autorisé la fameuse «pilule bleue». Les autorités de Damas envisagent même une production locale. Le médicament est néanmoins soumis à un strict contrôle dans ces pays, où vendu sur ordonnance, il coûte environ 12 dollars pièce. Les Emirats ont été les premiers, le 29 juin, à autoriser sa vente. Mais les médecins, tout en accueillant favorablement la mesure, ont mis en garde contre les fausses idées: «après avoir lu les effets fantastiques du Viagra, les gens pensent qu’ils deviendront de chauds lapins», a notamment déclaré l’un d’eux au quotidien de Dubai, «Khaleej Times». L’Egypte, l’Arabie Séoudite, Oman, le Qatar, la Jordanie, le Liban, l’Autorité palestinienne et Chypre ont en revanche décidé de soumettre le remède miracle à étude avant sa mise sur le marché. Trafic et décès Du coup, la pilule s’y vend sous le manteau et à un prix d’or, qui atteint à Ryad 300 riyals (80 dollars), selon des sources pharmaceutiques. Le trafic se développe en dépit de l’accroissement du nombre de décès provoqués par une consommation intempestive du produit à l’échelle mondiale: une trentaine à la mi-juin, selon le Wall Street journal citant l’Administration chargée du contrôle des médicaments et de l’alimentation. Au Moyen-Orient, un décès en Israël et cinq cas de malaises en Arabie Séoudite et en Egypte, liés à la prise du médicament, ont été recensés. En Israël, un septuagénaire, dopé par la pilule, est mort fin juin quelques minutes après avoir fait l’amour à son épouse de 50 ans, qui l’avait pourtant mis en garde. Le doyen de la Faculté de pharmacie de l’université de Hélouane en Egypte, Sobhi Ali Saïd, cité par la presse, assure que «le Viagra pompe le sang, jusqu’à la dernière goutte du coeur et du cerveau, pour le diriger vers l’organe sexuel. Il a des répercussions dangereuses pouvant aller jusqu’à la mort, selon la force de la rencontre sexuelle». Face à cet engouement, un duo satirique célèbre en Egypte a demandé au gouvernement «des distributions supplémentaires de contraceptifs» pour pallier les effets du Viagra dans un pays qui compte un nouveau-né toutes les 26 secondes. Et, un quotidien du Golfe a récemment rapporté le cas d’un habitant de l’émirat de Fujairah (Emirats), Ahmed Rached ben Abboud, 48 ans, père de 46 enfants, 3 épouses en titre et 5 répudiées, qui ne veut pas entendre parler de Viagra. Grâce au poisson qu’il mange matin et soir, il se sent, selon ses propos, une capacité sexuelle «inépuisable». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Cinq pays du Moyen-Orient ont autorisé jusqu’à présent la vente du Viagra contre l’impuissance, qui s’arrache au marché noir jusqu’à 80 dollars malgré les conseils de quelques détracteurs pour lesquels seul le poisson promet «l’éternelle jeunesse». Oulémas et imams ne se sont pas opposés à l’utilisation du Viagra à condition qu’il soit consommé par des hommes «mariés» et qu’il ne comprenne pas de substance enivrante. Comme partout ailleurs, l’impuissance est considérée dans la région comme une humiliation et une hantise. Elle est combattue par des recettes fantaisistes ou par la consommation régulière de poissons et de fruits de mer qui, parait-il, mènent à la «voie royale de l’éternelle jeunesse». Le Koweit, les Emirats arabes unis, Bahrein, la Syrie et Israël ont d’ores et déjà...