Un film sur l’ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser sera projeté à partir de la mi-juillet, après avoir été censuré de séquences jugées offensantes pour certaines compagnons du «raïs». «Le film a été remis aux distributeurs après l’application des directives de la censure sur la coupure de certaines séquences contestées», a indiqué M. Mahmoud Hamida, l’un des partenaires de la société de production al-Batriq (Le Pengouin). Le rapporteur de la commission de censure, Jaber Asfour, a pour sa part affirmé que les séquences dont l’élimination a été exigée sont «offensantes pour certains symboles de la révolution» de juillet 1952 qui avait porté au pouvoir Nasser et son groupe d’«officiers libres». Parmi ces séquences, M. Asfour cite une scène, digne des western, où Nasser et le maréchal Abdel-Hakim Amer, numéro deux du régime nassérien, font incursion dans une réunion d’officiers en braquant leurs revolvers. Une autre scène est celle montrant la femme du maréchal Amer, l’actrice Berlanti Abdel-Hamid, «presque nue», selon M. Asfour qui est également membre du Conseil supérieur de la Culture. Il n’a toutefois pas mentionné d’autres séquences contestées, comme celle montrant Nasser avec un officier israélien en 1948, une autre où il est en tenue de nuit, ou celle faisant état de son diabète. La fille de Nasser, Hoda, avait protesté contre ces séquences et accusé le metteur en scène syrien Anouar al-Kaouadri de vouloir «défigurer» l’image de son père dans ce film qui continue à faire couler beaucoup d’encre. Les critiques les plus virulentes sont venues de la veuve d’Amer qui a accusé les auteurs du film de «porter atteinte» à la mémoire du maréchal, en affirmant qu’il s’était suicidé, alors que dans ses mémoires, elle avait affirmé que son mari avait été tué. «L’éloge d’un dictateur» Les litiges sont arrivés devant la justice, l’un des fils d’Amer ayant réclamé l’interdiction du film, alors que l’acteur qui incarne le rôle de Nasser, Khaled al-Sawi, a intenté un procès en diffamation à Berlanti Abdel-Hamid lui réclamant 300.000 dollars de dommages. Certains membres de la commission de censure hostiles à Nasser, tel l’historien Abdel Azim Ramadan, ont pour leur part estimé qu’il fallait interdire le film «parce qu’il fait l’éloge d’un dictateur». L’écrivain et critique littéraire nassérien, Loutfi al-Khouli, également membre de la commission de censure, a, en revanche, appuyé la projection du film, estimant qu’il était «bon au niveau artistique». Intitulé «Nasser», ce long métrage de deux heures et demi a coûté 1,5 M USD, budget important pour un film arabe. Il raconte l’histoire de cet officier, entré à l’Académie militaire en 1935, et qui a été l’idole des peuples arabes jusqu’à sa mort en 1970. Quatre jours après la défaite arabe lors de la guerre de juin 1967, Amer, ami intime de Nasser, avait démissionné. Le 4 septembre, il était arrêté et accusé de conspiration. Le 14 septembre, les autorités ont annoncé son suicide. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un film sur l’ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser sera projeté à partir de la mi-juillet, après avoir été censuré de séquences jugées offensantes pour certaines compagnons du «raïs». «Le film a été remis aux distributeurs après l’application des directives de la censure sur la coupure de certaines séquences contestées», a indiqué M. Mahmoud Hamida, l’un des partenaires de la société de production al-Batriq (Le Pengouin). Le rapporteur de la commission de censure, Jaber Asfour, a pour sa part affirmé que les séquences dont l’élimination a été exigée sont «offensantes pour certains symboles de la révolution» de juillet 1952 qui avait porté au pouvoir Nasser et son groupe d’«officiers libres». Parmi ces séquences, M. Asfour cite une scène, digne des western, où Nasser et le maréchal...