En politique, c’est connu, il y a ce qu’on appelle les chasses gardées. On sait par exemple que pour les dossiers sensibles comme la Défense, la Sécurité nationale ou les Affaires étrangères, il faut demander la permission ailleurs pour les traiter. Comme le font les petits écoliers pour mendier un pipi, les ministres doivent à chaque fois, la trouille au ventre, lever le petit doigt pour que «l’ailleurs» en question intervienne. La réponse de ce dernier peut être «banco!» ou « ta gueule!», selon la circonstance ou l’humeur du moment. Depuis quelque temps pourtant, un débris de souveraineté nous est tombé du ciel: nos ministres peuvent maintenant, sans peur ni reproche, taper dans les salaires de leurs sous-fifres. Sabeh et sa moumoute viennent de le faire avec le directeur à l’Information; Boueiz et ses sourcils baladeurs l’auraient, dit-on, déjà pratiqué sur notre ambassadeur aux Etats-Unis. Le premier a été puni pour sa diarrhée verbale qui est allée jusqu’à englober entre autres la 425, le second pour avoir pris des vacances au pif, sans se soucier de la 425... La peur vient de changer de camp. Certes, y a pas de quoi faire grimper une mayonnaise, les deux ronds-de-cuir étant payés avec un lance-pierres. Y a pas de quoi pleurer sur leur sort non plus, puisque généralement ils se rattrapent ailleurs. Mais il est évident que les ministres viennent d’arracher là une bonne miette d’autorité. Quoique à mon sens, il aurait fallu régler le problème avec cette touche d’élégance et de finesse dont l’exemple nous est venu d’en haut: à coups de claques dans les gencives des fonctionnaires récalcitrants...
En politique, c’est connu, il y a ce qu’on appelle les chasses gardées. On sait par exemple que pour les dossiers sensibles comme la Défense, la Sécurité nationale ou les Affaires étrangères, il faut demander la permission ailleurs pour les traiter. Comme le font les petits écoliers pour mendier un pipi, les ministres doivent à chaque fois, la trouille au ventre, lever le petit doigt pour que «l’ailleurs» en question intervienne. La réponse de ce dernier peut être «banco!» ou « ta gueule!», selon la circonstance ou l’humeur du moment. Depuis quelque temps pourtant, un débris de souveraineté nous est tombé du ciel: nos ministres peuvent maintenant, sans peur ni reproche, taper dans les salaires de leurs sous-fifres. Sabeh et sa moumoute viennent de le faire avec le directeur à l’Information; Boueiz et ses...
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