Le premier ministre français Lionel Jospin a subi son premier revers politique sérieux depuis son arrivée au pouvoir, il y a treize mois, en retirant un projet de réforme du scrutin des élections européennes, qui suscitait l’hostilité de sa majorité non socialiste et de l’opposition. Faute de pouvoir recueillir le nombre de voix nécessaires, M. Jospin en a tiré les conséquences et annoncé le retrait de ce projet, qui devait être soumis la semaine prochaine aux députés de l’Assemblée nationale. Cet épisode, dont le premier ministre aurait préféré se passer, constitue un nouvel avertissement de ses alliés communistes et Verts au sein de la coalition de gauche, qui entendent garder une marge de manœuvre et résister à ce qu’ils considèrent comme «l’hégémonisme» des socialistes au gouvernement. Mais ce revers égratigne également le président gaulliste Jacques Chirac, qui soutenait cette réforme, très proche d’un projet préconisé par l’ancien ministre gaulliste des Affaires européennes Michel Barnier. En l’absence de réforme, le mode de scrutin actuel, à la proportionnelle nationale, sera maintenu pour les prochaines élections européennes qui se dérouleront en juin 1999. Il pourrait permettre au Front national d’extrême-droite de Jean-Marie Le Pen d’augmenter encore sa représentation au Parlement européen, où il compte 11 députés. La France dispose au total de 87 sièges au Parlement européen, doté de députés élus par les populations de chacun des 15 Etats de l’UE. Pour «rapprocher les élus au Parlement européen et les citoyens», M. Jospin avait proposé que la France soit divisée pour ces élections en huit grandes circonscriptions régionales et non plus considérée comme une seule entité. Le système de la proportionnelle aurait été maintenu. Mais dès sa présentation, le projet avait déclenché une levée de boucliers des partenaires de M. Jospin à gauche qui craignaient d’en faire les frais, ou de devoir composer des alliances avec les socialistes. Il leur était, en effet, plus facile de défendre une liste unique à l’échelle nationale que de devoir présenter des listes dans chacune des circonscriptions envisagées où ils ne disposaient pas nécessairement de personnalités de premier plan. La réforme était aussi très contestée à droite où l’actuel chef du parti gaulliste RPR Philippe Séguin cherche à sortir sa formation du profond désarroi qu’elle traverse depuis sa défaite aux législatives de l’an dernier, en se dressant contre tous les projets du gouvernement. (APF)
Le premier ministre français Lionel Jospin a subi son premier revers politique sérieux depuis son arrivée au pouvoir, il y a treize mois, en retirant un projet de réforme du scrutin des élections européennes, qui suscitait l’hostilité de sa majorité non socialiste et de l’opposition. Faute de pouvoir recueillir le nombre de voix nécessaires, M. Jospin en a tiré les conséquences et annoncé le retrait de ce projet, qui devait être soumis la semaine prochaine aux députés de l’Assemblée nationale. Cet épisode, dont le premier ministre aurait préféré se passer, constitue un nouvel avertissement de ses alliés communistes et Verts au sein de la coalition de gauche, qui entendent garder une marge de manœuvre et résister à ce qu’ils considèrent comme «l’hégémonisme» des socialistes au gouvernement. Mais ce...
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