Le gouvernement a décidé de céder GAN SA à Groupama, favorisant la constitution du deuxième pôle français d’assurances derrière le groupe Axa. Le nouvel ensemble aura un chiffre d’affaires annuel de 80 milliards de FF environ alors que le marché français atteint près de 850 milliards de FF. Le ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn, a expliqué mercredi que Groupama et Swiss Life, qui restaient seuls en lice pour cette privatisation après une première sélection, avaient présenté des offres financières comparables pour le rachat des 87,1% du capital de GAN SA détenus par GAN Société centrale. Le premier offrait 17,25 milliards de FF et le second 17,426 milliards de FF. Les projets industriels étant plutôt proches, le gouvernement, se basant sur l’avis de la Commission des participations et des transferts, a tranché en faveur de Groupama parce que celui-ci demandait un plafond de garanties de 2,9 milliards de FF seulement alors que Swiss Life réclamait 7,0 milliards. Groupama s’est en outre engagé à investir 2,0 milliards de FF pour «dynamiser» les réseaux de GAN SA sans tenir compte des fonds qui pourraient être apportés pour renforcer les structures de la société. Lors d’une conférence de presse, Dominique Strauss-Kahn a souligné que la promesse de Groupama de maintenir sur cinq ans l’emploi au niveau qu’il aura atteint à l’issue de l’actuel plan d’adaptation (soit environ 6.000 salariés) avait aussi joué en faveur du groupe mutualiste français. Après avoir présenté ces éléments, le ministre a rejeté tout reproche de favoritisme en faveur d’une entreprise française. «Pour ce qui me concerne, ce n’est pas le sujet. Les règles du jeu étaient claires dès le départ. Elles ont été respectées». Il a toutefois rappelé qu’il avait donné son agrément au rachat des AGF et d’Athéna par Allianz en février dernier. «Un groupe européen a ainsi pris une part importante sur le marché de l’assurance français. Aujourd’hui, compte tenu des offres, naît un deuxième pôle français à côté d’Axa. Ces deux évolutions me paraissent saines, parce qu’elles permettent la constitution de groupes de taille européenne», a-t-il expliqué. Réagissant à la décision du gouvernement français, Swiss Life a rappelé qu’elle avait «fait parvenir un projet ouvrant de vastes perspectives et axé, avant tout, sur la croissance et la complémentarité». Dans un communiqué, elle ajoute qu’elle «avait toutefois fixé certaines limites à propos de la rentabilité de GAN SA». Dominique Strauss-Kahn a affirmé que le secteur financier était «renforcé» après la cession du CIC au Crédit Mutuel et de GAN SA à Groupama. Il a ajouté que la vente des pôles d’activité de GAN SC s’est déroulée dans de «très bonnes conditions, tant industrielles que patrimoniales» et que «l’essentiel de l’aide de l’Etat est récupérée». Toutefois, contrairement à ce qui s’est passé lors des dernières privatisations, particulièrement celle de France Télécom, l’Etat ne réalise pas avec l’ensemble GAN-CIC de plus-values nettes de la cession d’une partie de son patrimoine. La vente des actifs de la défaisance a permis de ramener le coût estimé de la garantie de l’Etat de 9,0 à 8,5 milliards de FF. Les sociétés foncières UIC et UIS ont en outre été vendues pour un peu plus de 4,0 milliards de FF au consortium Goldman Sachs/Whitehall Fund et General Electric Capital. Cette opération se traduit par une charge de 360 millions de FF dans les comptes 1997 de GAN SC. Dominique Strauss-Kahn a assuré que le CIC avait été vendu à un prix deux fois plus élevé que celui proposé lors de la première tentative de privatisation, sous le précédent gouvernement de droite. La vente de GAN SA se fait à un prix supérieur de 25% à l’actif net de la société. «La gestion rigoureuse de la défaisance et une recapitalisation moins coûteuse que prévu ont ramené le montant de l’aide (publique) de 23 milliards de francs à 20,5 milliards de francs. Du fait des plus-values de cession, la quote-part de l’Etat dans les fonds propres de la Société centrale du GAN s’établit, avant prise en compte éventuelle des garanties de cession, à 19,5 milliards de francs», a souligné le ministre des Finances. (Reuters)
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