De retour au stade de France sur les lieux du délit, Zinedine Zidane est face à lui-même, face à l’Italie, terre de son accomplissement, face à son public fidèle et magnanime. Déterminé et repenti, il rêve d’unir l’art à l’efficacité pour propulser la France en demi-finale du mondial. Au lendemain de sa ruade contre l’Arabie Séoudite, le 18 juin à Saint-Denis, synonyme d’une pénitence de deux matches, Zinedine Zidane s’était replié sur lui-même, envahi de remords, muré dans sa peine. L’homme a purgé sa dette, souffert mille maux sur le banc de touche devant le Paraguay, avant d’exulter, après le «but en or», de Laurent Blanc. Ce quart de finale «à visage découvert», face à l’Italie, l’excite. «J’ai besoin de la compétition. Peu importe le nom de l’adversaire, je veux juste faire quelque chose de bien pour mon équipe», énonce-t-il. Conscient de l’attente générale, il assume ses responsabilités. Dépositaire naturel de l’animation offensive tricolore, il ne craint pas les effets insidieux d’une coupure de deux semaines. «Je suis prêt». Avec sa technique inimitée et ondoyante, apprise à Marseille, à l’école de la rue, il fera l’objet d’une étroite surveillance, d’un marquage «asphyxiant». Rompu aux contrôles rapprochés, il connaît l’antidote. «Je ne répondrai pas aux provocations. Je vais prendre des coups, je fais l’objet d’un traitement identique chaque semaine dans le Calcio. Il me faudra être bon», tempère-t-il. Reposé, zen, Zidane a évacué un inhabituel état de tension. «Il devra combler l’espace entre les lignes», remarque Youri Djorkaeff. «Il possède toutes les raisons de se sublimer. Il ne doit pas se mettre la pression comme lors des deux premières rencontres», ajoute Deschamps. «Renvoyer l’ascenseur» Le 8e de finale face au Paraguay a au moins scellé une évidence. Sans Zidane, ce ne sera jamais pareil. «Mes équipiers se sont donnés à Lens. Ils n’ont jamais lâchés. Ils l’ont faits pour eux, pour la France et aussi pour moi. Je saurai leur renvoyer l’ascenseur», confesse-t-il. Accusé par certains de passer à côté des grands rendez-vous, il a apprécié le démenti de son entraîneur Marcello Lippi. «J’ai perdu trois finales de Coupe d’Europe non par médiocrité, mais davantage par un concours de circonstances, face à des rivaux talentueux. Je suis meilleur quand il y a un grand événement», dit le joueur. L’Italie arrive à point nommé pour juger sur pièces de la stature de l’architecte des «Bleus». Diminué à l’Euro-96, Zidane a l’occasion de frapper un grand coup vendredi à la face du monde. «Ma Coupe du monde commence véritablement. La Squadra Azzurra est redoutable. La différence se fera vraisemblablement sur un exploit individuel», affirme-t-il, l’œil pétillant. Le propre des grands est de tenir les promesses qu’ils suscitent, comme celles qu’ils se font à eux-mêmes. Zidane n’échappe pas à cette loi du genre. A 26 ans, ce leader de jeu, pourvu du don de rendre simples les situations complexes, a son destin et celui de sa sélection entre ses pieds d’orfèvre. C’est à lui de jouer, d’apporter la rupture décisive. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats De retour au stade de France sur les lieux du délit, Zinedine Zidane est face à lui-même, face à l’Italie, terre de son accomplissement, face à son public fidèle et magnanime. Déterminé et repenti, il rêve d’unir l’art à l’efficacité pour propulser la France en demi-finale du mondial. Au lendemain de sa ruade contre l’Arabie Séoudite, le 18 juin à Saint-Denis, synonyme d’une pénitence de deux matches, Zinedine Zidane s’était replié sur lui-même, envahi de remords, muré dans sa peine. L’homme a purgé sa dette, souffert mille maux sur le banc de touche devant le Paraguay, avant d’exulter, après le «but en or», de Laurent Blanc. Ce quart de finale «à visage découvert», face à l’Italie, l’excite. «J’ai besoin de la compétition. Peu importe le nom de l’adversaire, je veux juste faire...