Une série d’incidents mineurs impliquant des supporters anglais mais plus encore des jeunes de quartiers «sensibles» de Saint-Etienne a émaillé la fin de la rencontre Argentine-Angleterre, dans la nuit de mardi à mercredi, dans le centre-ville. Près de trois heures après le coup de sifflet final du match qui a vu l’Argentine se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe du monde en sortant l’Angleterre aux tirs au but, la préfecture faisait état d’une trentaine d’interpellations visant à la fois des Anglais et des Stéphanois. Dans la journée, par ailleurs fort calme, une quinzaine d’autres personnes, dont quatre Anglais fichés pour hooliganisme, avaient été arrêtés. L’un des Britanniques a été placé en garde à vue pour avoir frappé un policier. Les pompiers ont signalé quelques blessés légers dans la soirée, «mais aucun blessé grave». Les bagarres ont commencé place Jean-Jaurès dès la fin du match, entre supporters anglais furieux de la défaite et des jeunes Stéphanois qui avaient afflué dans le centre-ville pour l’occasion. Par la suite, les policiers en civil des brigades anticriminalité se sont livrés à quelques courses-poursuites dans les rues proches de l’hôtel de ville. La préfecture a annoncé un retour au calme vers 02h15 (00h15 GMT). «La dure loi du sport...» L’escorte de milliers de supporters anglais et argentins jusqu’à la gare de Saint-Etienne n’a généré pour sa part aucun incident. Un imposant service d’ordre avait été déployé sur place pour prévenir toute velléité d’agressivité. Une fois encore, la rencontre s’est déroulée sans problèmes majeurs dans le stade Geoffroy-Guichard. Dominique Spinosi, directrice de la sécurité du Comité français d’organisation (CFO), a raconté que les stadiers étaient intervenus «en douceur» pour faire changer de places à un groupe d’une quinzaine d’Anglais isolés dans une tribune occupée par des Argentins, par le jeu du marché noir ou parallèle. «Au début, a-t-elle dit, ils ont cru qu’on voulait les sortir du stade. Mais on leur a expliqué qu’il s’agissait seulement de les changer de places, et tout c’est bien passé». Dominique Spinosi a ajouté que la séance des tirs au but avait permis de calmer les esprits. «Cela a fait baisser la tension», a-t-elle dit. La sortie de l’Angleterre — toute considération sportive mise à part — a été vécue avec un certain soulagement par les responsables de la sécurité qui redoutaient de voir l’Angleterre affronter les Pays-Bas à Marseille, en quarts de finale, même si «toutes les dispositions auraient alors été prises pour garantir l’ordre public». «La dure loi du sport a pour une fois adoucit les contraintes d’ordre public», a reconnu, en termes choisis, l’inspecteur-général de la police René-Georges Querry, le «M. Sécurité» du Mondial. C’est à Marseille qu’avaient éclaté les premiers incidents survenus en marge du Mondial, à l’occasion de la rencontre Angleterre-Tunisie. Ces indicents avaient impliqué des Anglais, mais aussi des jeunes des quartiers nord. Par la suite, les Anglais s’étaient encore signalés à Toulouse, puis à Lens. Les incidents de Marseille puis l’agression d’un gendarme à Lens par des supporters allemands avaient été à l’origine d’un raidissement du dispositif policier, chaque déplacement des supporters anglais donnant notamment lieu à la mobilisation de quelque 1.500 policiers et gendarmes. L’arsenal judiciaire prévu pour le Mondial a alors été appliqué dans toute sa sévérité, avec des expulsions, des condamnations à des peines de prison ferme et des interdictions de stade ou de territoire.
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