Deux à trois cents millions de personnes souffrent d’incontinence urinaire dans le monde, dont 90% dans les pays sous-développés, selon les derniers chiffres de l’OMS, qui estime entre 2 et 3 millions le nombre de personnes atteintes en France. Cette constatation a conduit l’OMS à fonder il y a 18 mois un Comité scientifique sur l’incontinence (CSI), composé de 200 médecins experts internationaux et dont le premier colloque, présidé par le Pr Paul Abrams de Bristol (Angleterre) réunit, jusqu’à mercredi à Monaco, plus de 1200 spécialistes urologues et gynécologues de 32 pays. Ce colloque établit les premières recommandations sur les aspects les plus importants de l’incontinence. «L’incontinence urinaire, considérée jusqu’à présent comme un symptôme gênant et qui présente des formes plus ou moins graves d’origines différentes, vient d’être définie par l’OMS comme une véritable maladie physiquement et socialement invalidante», a précisé le Pr Saad Khoury du service d’urologie de l’hôpital de la Pitié Salpetrière à Paris, organisateur du colloque. En France, où l’incontinence est le problème majeur des maisons de retraite, une étude réalisée par la SOFRES sur 7418 personnes a été présentée à l’ouverture du congrès: 28% sont des hommes de plus de 50 ans, 42% des femmes de plus de 50 ans et 33% des femmes de 35 à 49 ans. «Il existe deux sortes d’incontinence urinaire», a expliqué le Dr Gérard Amarenco, chef de service de rééducation fonctionnelle en urologie de l’hôpital Robert Ballenger à Aulnay-sous-bois (nord de Paris). La première est mécanique, fuite d’urine pendant l’effort due à une faiblesse du sphincter qui touche plus particulièrement les femmes après l’accouchement, les personnes âgées ou les hommes présentant des séquelles liées à la prostate. Pour ces patients, la rééducation fonctionnelle améliore leur état dans 80% des cas. Pour les autres, le seul recours reste la chirurgie. La deuxième est due à une hyperactivité de la vessie. Cette affection est un des symptômes des maladies neurologiques. Pour ces pathologies, les traitements médicamenteux sont efficaces, également 80% des cas. Aujourd’hui, une nouvelle génération de médicaments, mise au point en Suède et utilisée depuis un mois en France, devrait sensiblement diminuer les symptômes chez les patients ne suivant pas de traitement régulièrement. «L’incontinence a un impact sur la qualité de la vie et beaucoup de patients n’osent pas en parler. Notre but est d’œuvrer pour qu’elle ne soit plus une maladie tabou», a conclu le Pr Bertrand Lukacs, du service urologie de l’hôpital Tenon à Paris et membre du comité d’experts de l’OMS. «Après un an et demi de travaux, le CSI a posé les bases du système international d’évaluation et d’études sur l’incontinence, dont le rapport final, qui comprendra 800 pages, sera publié officiellement en novembre», a rapporté l’organisateur du colloque. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Deux à trois cents millions de personnes souffrent d’incontinence urinaire dans le monde, dont 90% dans les pays sous-développés, selon les derniers chiffres de l’OMS, qui estime entre 2 et 3 millions le nombre de personnes atteintes en France. Cette constatation a conduit l’OMS à fonder il y a 18 mois un Comité scientifique sur l’incontinence (CSI), composé de 200 médecins experts internationaux et dont le premier colloque, présidé par le Pr Paul Abrams de Bristol (Angleterre) réunit, jusqu’à mercredi à Monaco, plus de 1200 spécialistes urologues et gynécologues de 32 pays. Ce colloque établit les premières recommandations sur les aspects les plus importants de l’incontinence. «L’incontinence urinaire, considérée jusqu’à présent comme un symptôme gênant et qui présente des formes plus ou moins...