Un navigateur franco-américain, sa femme et leur fils de 7 ans viennent d’achever près de New York un périple de trois ans autour du monde à bord d’une réplique d’un bateau de pêche bicentenaire. Guy Bernardin, originaire de la ville bretonne de Saint-Briac, sa femme Mitzi et leur fils Briac étaient partis de Jamestown (nord-est des Etats-Unis) en juillet 1995. La famille Bernardin a navigué sur les traces du premier marin à avoir réussi un tour du monde à la voile en solitaire il y a 100 ans, le mythique Joshua Slocum. Guy Bernardin, 54 ans, compte à son actif plusieurs transatlantiques en solitaire, deux BOC Challenge, un Vendée Globe en 1989-90 et la Route du Rhum en 1990. Il est le seul à avoir franchi six fois le Cap Horn en solitaire. Mitzi, ancienne hôtesse de l’air convertie à la navigation par son mari, et Briac ont abandonné amis, maison et jardin pour vivre trois ans sur un pont de 11 mètres de long et 4,40 de large. Briac, qui n’est jamais allé à l’école, a appris la grammaire et les maths avec sa mère, son père se chargeant des cours d’anglais. Après une étape en Afrique du Sud, où ils ont été accueillis dans une tribu zouloue, l’équipage s’est agrandi d’un quatrième passager, le chat noir Shaka qui «a la démarche chaloupée d’un marin», selon Guy Bernardin. «Notre programme était assez chargé. On a essayé de faire le même voyage que Slocum au point de vue dates et étapes», a raconté Guy Bernardin. La famille a d’abord mis le cap sur le Portugal, où une tempête leur a fait manquer la saison des vents favorables, les contraignant à une escale... d’un an. Ils ont ensuite retraversé l’Atlantique et passé le canal de Panama, puis direction le Pacifique, l’Australie et l’Afrique du Sud, avant de regagner les côtes américaines. En trois ans, ils ont mis pied à terre une vingtaine de fois, comparant les pays qu’ils découvraient aux notes prises 100 ans auparavant par Joshua Slocum. Considéré comme un mythe par les navigateurs, l’aventurier américain était parti de Boston en 1895 et était revenu le 27 juin 1898, seul sur son voilier à une époque où la navigation solitaire de plaisance n’existait quasiment pas. Le voilier des Bernardin, le «Spray of Saint Briac», du nom de la ville où Guy Bernardin a grandi, est un long monocoque en bois à deux mâts et sans quille, réplique du «Spray» de Joshua Slocum. Le modèle, vieux de 200 ans, était à l’origine utilisé pour la pêche. «J’étais habitué à des bateaux qui naviguent quel que soit le temps», commente Guy Bernardin. «Là, c’est le bateau qui commande». «C’est vrai que quand on voit notre bateau comme ça, on ne se dit pas qu’il peut faire le tour du monde», plaisante le marin. Le «Spray» est aujourd’hui à vendre, mais en attendant un acheteur, les Bernardin vont retourner vers le Portugal. «C’était très dur de partir, car vous devez vous débarrasser de tout ce que vous possédez sur terre, mais ensuite c’est très dur de s’arrêter», conclut le navigateur. (AFP)
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