L’agression, il y a dix jours, de trois syndicalistes étudiants par des membres présumés du principal groupe néo-nazi grec a fait resurgir dans le pays le spectre de la violence d’extrême-droite et d’éventuelles collusions policières. Selon les éléments actuels de l’enquête, l’attaque a été menée par une dizaine de membres du groupuscule «Chryssi Avghi» (Aube dorée), en plein jour et en présence de dizaines de témoins, devant le tribunal d’Athènes. Ils venaient de soutenir six militants qui comparaissaient pour coups et blessures contre des gauchistes. L’absence de toute arrestation ou inculpation dans les milieux d’extrême-droite depuis l’agression a ranimé de mauvais souvenirs. La presse évoquait jeudi les relations troubles entretenues dans les années 60 par les forces de l’ordre avec la mouvance fascisante, illustrées par l’assassinat du député de gauche Grigoris Lambrakis. «Monsieur le ministre de l’Ordre public, réagissez maintenant ou démissionnez», «Ils connaissaient l’exécuteur mais l’ont laissé fuir»: les Unes de la plupart des journaux donnaient le ton, accusant la police d’avoir volontairement bâclé l’enquête. Dans un communiqué, le parti parlementaire de gauche SYN a même interpellé le ministre compétent, Georges Romaios, pour qu’il enquête sur «l’éventualité de liens avec des organisations fascistes au sein des forces de l’ordre». Deux des victimes, la troisième grièvement blessée restant hospitalisée, ont relancé l’embarras policier, en affirmant mercredi avoir identifié le meneur de l’attaque comme étant un des dirigeants de Chryssi Avghi, après l’avoir reconnu sur des photos de presse. L’un d’eux a accusé la police de ne pas lui avoir présenté de clichés permettant une identification. La sûreté d’Athènes, qui avait affirmé qu’aucun membre des forces de l’ordre ne se trouvait sur les lieux, en dépit des affirmations contraires des victimes, a par ailleurs dû reconnaître qu’un policier avait assisté à l’agression mais n’était pas intervenu et n’avait pas informé ensuite ses supérieurs. Ce policier a été placé en disponibilité mercredi. Contraint depuis plus d’une semaine à défendre quotidiennement l’honneur de la police, le porte-parole du gouvernement a de nouveau démenti jeudi toute «implication policière». Il a aussi appelé l’opinion publique à ne pas «tirer de conclusions hâtives». Pour Panyotis Dimitras, responsable en Grèce de la fédération Helsinki pour les droits de l’homme, cette affaire pourrait pourtant «constituer un tournant, en permettant de prouver que Chryssi Avghi pratique la violence, et en démontrant ses liens avec certains éléments des forces de l’ordre». Seul groupe vraiment organisé de la mouvance d’extrême-droite depuis son apparition au début des années 80, Chryssi Avghi a toujours démenti mettre en pratique ses diatribes en faveur de la violence, rendues encore plus virulentes ces derniers mois par une poussée de fièvre xénophobe et sécuritaire dans l’opinion publique. Ce groupe, qui n’a jamais fait l’objet de répression policière, est toutefois régulièrement désigné par la presse et les milieux d’extrême-gauche comme responsable de nombreuses agressions contre des immigrés, membres de la minorité musulmane ou militants de gauche. Il avait fait sa première démonstration de force ouverte le 1er mai dernier, quand 200 de ses militants avaient défilé dans le centre d’Athènes sous le slogan «dehors les étrangers». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’agression, il y a dix jours, de trois syndicalistes étudiants par des membres présumés du principal groupe néo-nazi grec a fait resurgir dans le pays le spectre de la violence d’extrême-droite et d’éventuelles collusions policières. Selon les éléments actuels de l’enquête, l’attaque a été menée par une dizaine de membres du groupuscule «Chryssi Avghi» (Aube dorée), en plein jour et en présence de dizaines de témoins, devant le tribunal d’Athènes. Ils venaient de soutenir six militants qui comparaissaient pour coups et blessures contre des gauchistes. L’absence de toute arrestation ou inculpation dans les milieux d’extrême-droite depuis l’agression a ranimé de mauvais souvenirs. La presse évoquait jeudi les relations troubles entretenues dans les années 60 par les forces de l’ordre avec la...