La francophonie «est plus dynamique aux Etats-Unis qu’en France», affirme la romancière guadeloupéenne Maryse Condé, qui doit diriger à partir de septembre un nouveau programme d’études supérieures «françaises et francophones» à l’université Columbia de New York. Maryse Condé est en particulier connue pour ses livres sur une grande «saga» africaine, «Ségou». «En France, je me sentais très marginale dans les départements où j’enseignais, à Nanterre comme à la Sorbonne. A Paris IV, la francophonie était dans un tout petit local, on n’avait vraiment pas l’impression que c’était quelque chose de très favorisé», explique la romancière. «J’aime cette liberté qu’on a (aux Etats-Unis) de construire son cours, d’intéresser ses étudiants à des sujets qui sont tout à fait nouveaux. Les études francophones ici sont prises avec plus de sérieux, assure-t-elle. «La France est un pays avec des traditions universitaires lourdes, on admet rarement des écrivains qui ne sont pas morts, commente Mme Condé. L’Amérique est beaucoup plus curieuse, beaucoup plus ouverte». Maryse Condé, 61 ans, reconnue comme un écrivain majeur du courant post colonial caribéen et africain, a quitté les universités parisiennes en 1986 pour enseigner la littérature francophone aux Etats-Unis, d’abord à l’université de Berkeley, en Californie, puis à Columbia. Redynamiser» Le nouveau programme dont elle doit prendre la direction a été créé pour «redynamiser» le département de français de l’université Columbia, car «les départements de français des universités américaines connaissent une sorte de crise», selon elle. «Dans beaucoup d’universités américaines, ce sont les études francophones qui ont un peu sauvé les départements de français, où les étudiants déclinaient. C’est plus moderne, c’est des problèmes d’aujourd’hui qui intéressent les étudiants», assure-t-elle. Pourtant, le cours principal du nouveau programme commencera par l’étude de Diderot, «le père de la pensée anticolonialiste». «Cela conduira au second semestre à réfléchir sur le développement des idées anticolonialistes en Afrique et aux Antilles», précise Maryse Condé. «Universalisme contre exceptionalisme», «tradition contre modernité», «intégration et exclusion», «identités régionales et nationales» feront partie des thèmes abordés. Les étudiants pourront également choisir parmi une série de cours tels «La pensée française au XXe siècle», «Les femmes en Afrique», «Les Noirs, les juifs et les Arabes en France, de la Révolution au temps présent». Avec son propre cours de littérature, Maryse Condé souhaite continuer à intéresser ses élèves à «l’arrivée d’auteurs francophones», qui «élargit les limites traditionnelles du paysage littéraire français et donne une nouvelle coloration». Sa bibliographie fait place à la nouvelle génération avec des romans de Raphael Confiant ou Patrick Chamoiseau, mais repose également sur les grands noms de la littérature francophone comme Aimé Césaire ou Edouard Glissant. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La francophonie «est plus dynamique aux Etats-Unis qu’en France», affirme la romancière guadeloupéenne Maryse Condé, qui doit diriger à partir de septembre un nouveau programme d’études supérieures «françaises et francophones» à l’université Columbia de New York. Maryse Condé est en particulier connue pour ses livres sur une grande «saga» africaine, «Ségou». «En France, je me sentais très marginale dans les départements où j’enseignais, à Nanterre comme à la Sorbonne. A Paris IV, la francophonie était dans un tout petit local, on n’avait vraiment pas l’impression que c’était quelque chose de très favorisé», explique la romancière. «J’aime cette liberté qu’on a (aux Etats-Unis) de construire son cours, d’intéresser ses étudiants à des sujets qui sont tout à fait nouveaux. Les...