L’Indonésie et le Fonds monétaire international (FMI) ont signé un nouvel accord économique qui prévoit notamment une contraction du PIB indonésien de plus de 10% en 1998. Des copies de l’accord, daté du 24 juin, ont été distribuées aux journalistes à l’issue d’une réunion entre le directeur du FMI pour l’Asie-Pacifique, Hubert Neiss, et le président indonésien, Jusuf Habibie. «Compte tenu du dérèglement de l’activité économique et de l’érosion de la confiance des entreprises ces dernières semaines, il faut s’attendre maintenant à ce que le PIB réel décline de plus de 10% en 1998», souligne l’accord. «Toutefois, nous pensons que le déclin de l’activité s’arrêtera au fur et à mesure de la mise en place du programme et avec le retour de la confiance», estime-t-il. Cet accord constitue la quatrième lettre d’intention élaborant un programme de réformes et d’objectifs économiques dans le cadre du plan d’aide du FMI à l’Indonésie. Le nouvel accord précise qu’il faudrait un prêt supplémentaire de quatre à six milliards de dollars, en plus des 41,2 milliards déjà consentis, pour remettre sur pieds l’économie. Le FMI et l’Indonésie solliciteront ces nouvelles aides auprès de la communauté internationale afin «d’assurer la réussite de notre programme économique». Les nouveaux objectifs macro-économiques ne sont pas encore fixés définitivement. «Ce cadre macro-économique révisé est sujet à caution et sera sous surveillance en permanence». Le texte prévoit un déficit budgétaire pour l’exercice fiscal 1998/99 de 8,5% du produit intérieur brut (PIB). «Nous pensons que le déficit en 1999/2000 sera beaucoup moins important après la mise en place de mesures qui permettront une meilleure perception des taxes et après la baisse des subventions», précise l’accord. «Hypothèses réalistes» Il est vital que l’Indonésie s’astreigne à une politique monétaire restrictive. L’économie du pays s’est déteriorée depuis l’accord précédent avec le FMI signé en avril en raison des troubles politiques. «Le programme révisé est fondé sur l’hypothèse que le taux de change se stabilisera autour de 10.000 pour un dollar d’ici au dernier trimestre 1998, mais nous attendons une plus forte appréciation», ajoute le document. La roupie indonésienne se négocie actuellement autour de 14.650 pour un dollar. «Je crois que ces hypothèses sont réalistes au vu de ce qui s’est passé en Indonésie. Le FMI s’évertue manifestement à dresser un tableau aussi réaliste que possible», a dit Chiang Yao Chye de CIBC, à Singapour. «L’élément positif est qu’ils ont révisé la prévision du taux de la roupie, à 10.000 roupies pour un dollar contre 6.000 auparavant, ce qui est plus vraisemblable puisque le dollar/roupie ne repassera pas de sitôt sous la barre des 10.000», a-t-il poursuivi. L’accord prévoit une inflation de 80% en 1998. Le FMI et l’Indonésie ont indiqué que l’une des priorités était la remise en ordre de marche des réseaux de distribution et d’assurer l’approvisionnement en produits alimentaires. Les prix de ces produits, ainsi que ceux des carburants, ne subiront pas d’augmentation jusqu’à ce que l’économie se porte mieux. Un mécanisme d’ajustement des prix devrait toutefois se mettre en place en mars 1999. «Le gouvernement insiste sur le fait qu’il s’assure que les biens de première nécessité sont sur le marché, notamment le riz, et qu’on peut facilement se les procurer, grâce au réseau de distribution, et ce à des prix abordables», lit-on encore dans l’accord. Un programme de privatisation des entreprises publiques est mis en route. Il devrait rapporter 1,5 milliard de dollars en 1998/99 d’après le rapport. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Indonésie et le Fonds monétaire international (FMI) ont signé un nouvel accord économique qui prévoit notamment une contraction du PIB indonésien de plus de 10% en 1998. Des copies de l’accord, daté du 24 juin, ont été distribuées aux journalistes à l’issue d’une réunion entre le directeur du FMI pour l’Asie-Pacifique, Hubert Neiss, et le président indonésien, Jusuf Habibie. «Compte tenu du dérèglement de l’activité économique et de l’érosion de la confiance des entreprises ces dernières semaines, il faut s’attendre maintenant à ce que le PIB réel décline de plus de 10% en 1998», souligne l’accord. «Toutefois, nous pensons que le déclin de l’activité s’arrêtera au fur et à mesure de la mise en place du programme et avec le retour de la confiance», estime-t-il. Cet accord constitue...