Le projet de référendum israélien sur un retrait militaire partiel en Cisjordanie prenait forme mercredi, bien que le premier ministre Benjamin Netanyahu n’ait pas encore annoncé sa tenue. La radio militaire a indiqué que ce référendum, un mode de scrutin sans précédent en Israël, pourrait avoir lieu à la mi-septembre, avant le nouvel an juif le 20 septembre. Le projet de loi permettant d’organiser le référendum pourrait être adopté dès dimanche par le Conseil des ministres, a ajouté la radio. M. Netanyahu s’est déclaré persuadé de pouvoir vaincre l’hostilité de certains de ses ministres, dont ceux de la Défense, M. Yitzhak Mordehaï, des Infrastructures, M. Ariel Sharon, ou de l’Intérieur, Eli Souissa. Mais tous les obstacles ne sont pas encore levés. Le conseiller juridique du ministère des Affaires étrangères, M. Alan Backer, a lancé un pavé dans la mare en estimant qu’un référendum violerait les accords d’autonomie, a indiqué la radio publique. Selon lui, Israël est tenu par les accords de retirer ses troupes et doit appliquer ses engagements. Un constat que le secrétaire général du gouvernement, M. Danny Naveh, a rejeté en soulignant qu’un référendum était une «affaire intérieure israélienne qui ne contredisait en aucune façon les accords d’autonomie». L’avocat Yoël Singer, un des principaux rédacteurs des accords d’autonomie d’Oslo en 1993, a également estimé qu’un référendum, en soi, ne violait pas les accords. Mais même si le peuple votait contre, a-t-il souligné, Israël devra quand même procéder au retrait pour «respecter ses engagements pris dans le cadre d’un accord international ratifié par le Parlement israélien». Préparatifs Faisait fi de toutes ces difficultés, le ministre des Communications, Mme Limor Livnat, chargée par M. Netanyahu de gérer ce dossier, mettait la dernière main à l’organisation d’un référendum. Cartes magnétiques «Si un référendum a lieu, les électeurs iront voter dans les bureaux de poste. Ils recevront au préalable à domicile deux cartes magnétiques, une pour le oui, l’autre pour le non. Leur vote sera enregistré en temps réel sur ordinateur», a précisé Mme Livnat. Le ministre de la Justice, M. Tzahi Hanegbi, a pour sa part précisé qu’il poursuivait ses consultations pour mettre au point les modalités de la campagne électorale à la télévision et à la radio. L’idée d’un référendum, lancée le mois dernier par un député d’extrême-droite, Mikhaël Kleiner, puis reprise au vol par M. Netanyahu, plaît aux Israéliens: 62% d’entre eux sont favorables à la tenue d’un tel scrutin, selon un sondage rendu public mercredi par la radio publique. Mais une majorité (55%) estime qu’un référendum n’aura pas lieu et que M. Netanyahu veut organiser un tel scrutin pour retarder davantage l’échéance d’un retrait. Le conseil des implantations de Cisjordanie et de la bande de Gaza a, de son côté, pris les devants en demandant mercredi au premier ministre des crédits publics pour financer sa campagne en faveur du «non» à tout retrait. Du côté palestinien, M. Ahmed Tibi, conseiller politique du président Yasser Arafat, a réaffirmé que la tenue d’un référendum «violait les accords d’autonomie». «C’est une nouvelle manœuvre de M. Netanyahu pour gagner du temps», a-t-il souligné. M. Tibi a toutefois estimé que la communauté des Arabes israéliens, qui compte plus d’un million de personnes et représente environ 17% du corps électoral, votera massivement en faveur d’un retrait en cas de référendum. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le projet de référendum israélien sur un retrait militaire partiel en Cisjordanie prenait forme mercredi, bien que le premier ministre Benjamin Netanyahu n’ait pas encore annoncé sa tenue. La radio militaire a indiqué que ce référendum, un mode de scrutin sans précédent en Israël, pourrait avoir lieu à la mi-septembre, avant le nouvel an juif le 20 septembre. Le projet de loi permettant d’organiser le référendum pourrait être adopté dès dimanche par le Conseil des ministres, a ajouté la radio. M. Netanyahu s’est déclaré persuadé de pouvoir vaincre l’hostilité de certains de ses ministres, dont ceux de la Défense, M. Yitzhak Mordehaï, des Infrastructures, M. Ariel Sharon, ou de l’Intérieur, Eli Souissa. Mais tous les obstacles ne sont pas encore levés. Le conseiller juridique du ministère des Affaires...