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Actualités - Chronologie

L'Asie à son tour dans la spirale du chômage

L’ensemble des pays asiatiques, à l’exception notable de Taïwan, se trouvent pris dans les turbulences du chômage, conséquence de la crise financière. Les entreprises des anciens «dragons» opulents d’Asie procèdent à des «dégraissages» massifs pour faire face à une conjoncture déprimée. Mardi, la Corée du Sud a ainsi annoncé un quasi-triplement du nombre des sans-emploi en un an (1,49 million de personnes en mai, contre 550.000 douze mois auparavant). Selon la Banque mondiale, la seule Indonésie comptera 20 millions de chômeurs d’ici la fin de l’année — cela représente 22% des personnes en âge de travailler. En juin 1997, avant donc la crise régionale, ce chiffre n’était que de cinq pour cent. Le géant communiste chinois compte officiellement 11,5 millions de sans-emploi mais les experts pensent que ce chiffre est très sous-estimé parce qu’il n’inclut pas les «xiagang» (salariés licenciés du fait de la mise au chômage technique de leur usine et qui subsistent avec une fraction de leurs salaires). Mardi, l’agence Chine nouvelle cite d’ailleurs un entretien du président Jiang Zemin à une revue américaine dans lequel il fait l’aveu suivant: «Le véritable chiffre du chômage tourne, à mon avis, autour de 3,5%. «Notre définition du chômage, dans le contexte chinois, n’est pas exactement la même qu’ailleurs», ajoute-t-il en faisant allusion aux «xiagang» et à ceux en stages de formation professionnelle. Et de nouveaux licenciements sont prévus. D’après Pékin, la réforme du secteur public, en difficulté, «coûtera» cette année seulement 3,5 millions d’emplois. En outre, le premier ministre, Zhu Rongji, a dévoilé en mars un plan visant à «dégraisser» de moitié une fonction publique pléthorique, soit une perte de quatre millions de postes. Même Hong Kong et Singapour La crise est même perceptible dans la prospère Hong Kong, vitrine insolente du capitalisme occidental au flanc de l’Empire du milieu. Le taux de chômage a atteint lors du premier trimestre 4,2% (un niveau record depuis 15 ans). Et les autorités de la nouvelle Région administrative spéciale de la République populaire de Chine prédisent de nouveaux licenciements dans le privé, qui viendront s’ajouter aux dizaines de milliers d’emplois perdus ces derniers mois. L’Inde, où plus du tiers de la population (960 millions de personnes) vit en-deçà du seuil de pauvreté, compte des millions de travailleurs au chômage ou sous-employés. Et la montée du chômage devrait encore s’accélérer; Le Japon, fleuron de l’économie asiatique où le mythe de l’«emploi à vie» est encore très vivace, est officiellement entré en récession. Le chômage, faible si on le compare aux autres pays du monde, a toutefois atteint en avril le niveau record de 4,1%. Il était de 3,3% il y a un an. Même Singapour, symbole de dynamisme économique, doit s’accommoder avec les turbulences de la crise et ses effets néfastes sur le marché du travail; Le taux de chômage atteignait 2,2% en mars (un taux à faire pâlir d’envie bien d’autres) contre 1,8% un an auparavant. Le gouvernement de la riche cité-Etat a prévenu sa population que le pire était encore à venir et que les salariés devaient accroître leurs qualifications. La Malaisie a, elle, déjà réagi aux soubresauts de la crise en renvoyant sa main-d’œuvre immigrée, comme l’a fait la Thaïlande, qui comptait deux millions de chômeurs en avril. Une seule économie asiatique échappe pour le moment à la bourrasque sociale — Taïwan qui, mardi, a annoncé un taux de chômage de 2,37% en mai, contre 2,51% il y a un an. (Reuters)
L’ensemble des pays asiatiques, à l’exception notable de Taïwan, se trouvent pris dans les turbulences du chômage, conséquence de la crise financière. Les entreprises des anciens «dragons» opulents d’Asie procèdent à des «dégraissages» massifs pour faire face à une conjoncture déprimée. Mardi, la Corée du Sud a ainsi annoncé un quasi-triplement du nombre des sans-emploi en un an (1,49 million de personnes en mai, contre 550.000 douze mois auparavant). Selon la Banque mondiale, la seule Indonésie comptera 20 millions de chômeurs d’ici la fin de l’année — cela représente 22% des personnes en âge de travailler. En juin 1997, avant donc la crise régionale, ce chiffre n’était que de cinq pour cent. Le géant communiste chinois compte officiellement 11,5 millions de sans-emploi mais les experts pensent que...