Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Broadway en cartoon

LA saison de Broadway a enregistré des recettes et vu défiler un public record grâce au triomphe annoncé de Disney mais aussi, paradoxalement, d’un producteur new-yorkais sans but lucratif. Les théâtres new-yorkais ont attiré 11,5 millions de spectateurs et recueilli 558 millions de dollars de recettes durant la saison 1997-98 qui vient de s’achever, selon les chiffres officiels. Avec six Tony Awards chacun, Disney et sa comédie musicale «Lion King» ainsi que le Roundabout Theatre, producteur cette saison de cinq spectacles, ont été les grands vainqueurs dimanche de cette compétition qui est au théâtre de Broadway ce que les Oscars sont au cinéma. «Disney a été récompensé pour le spectaculaire, Roundabout pour l’artistique», résumait un des votants sous couvert d’anonymat. «Lion King», première production Disney dans son propre théâtre, dans laquelle la compagnie a mis une vingtaine de millions de dollars, a obtenu en effet quatre de ses Tonys pour la technique et le visuel. Julie Taymor, venue du théâtre sans but lucratif, a reçu celui de la mise en scène et le spectacle a été sacré «meilleure comédie musicale» de la saison. A l’inverse, le Roundabout a reçu les principaux prix d’interprétation, dont trois pour la comédie musicale «Cabaret» adaptation des livres de Christopher Isherwood dont Bob Fosse avait fait un film avec Liza Minelli. Pourtant, le succès de ce producteur, dont les spectacles peuvent être vus par 36.000 personnes chaque semaine, générant potentiellement deux millions de dollars, passe plus inaperçu. Art et business Disney et l’autre producteur multi-millionnaire nouveau venu à Broadway, le Canadien Livent qui présente la comédie musicale «Ragtime», relativement ignorée des Tonys, ont il est vrai déjà réalisé 44 millions de dollars au box-office. Et pour voir «Lion King» à l’orchestre il faut patienter jusqu’à... mars 1999. «La tendance irrépressible à dépenser d’énormes sommes pour promouvoir des spectacles monstrueusement chers a changé pour toujours le business et l’art de Broadway», écrivait le «New York Magazine» dans son dernier numéro. «On se souviendra de cette saison comme de celle qui a totalement transformé Broadway avec l’arrivée des grosses entreprises», estimait encore l’hebdomadaire. «C’est beaucoup plus subtile que cela», explique Robert Fitzpatrick, responsable de la School of the Arts de l’université Columbia de New York récemment nommé directeur du musée d’art contemporain de Chicago (nord). «Lion King» est aussi important que l’invention du dessin animé car Disney a pris un grand risque artistique: il a engagé une artiste d’avant-garde (Julie-Taymor), lui a demandé de rester fidèle à elle-même, et lui a donné les ressources Disney, précise cet ancien directeur de ce qui est aujourd’hui Disneyland Paris. «D’autres vont faire la même chose», assure-t-il, se refusant toutefois à dévoiler les projets de la concurrence. «Le bouillon de culture va être plus épicé, je trouve cela très positif». «Il ne fait aucun doute que Disney connaît le succès», commente pour sa part Todd Haimes, directeur artistique du Roundabout. «Disney est sans contestation possible celui qui a ancré la rénovation» du quartier des théâtres, poursuit M. Haimes. Il sait de quoi il parle: le Roundabout doit s’installer dans un an dans un nouveau théâtre, voisin de Livent et face à Disney. (AFP)
LA saison de Broadway a enregistré des recettes et vu défiler un public record grâce au triomphe annoncé de Disney mais aussi, paradoxalement, d’un producteur new-yorkais sans but lucratif. Les théâtres new-yorkais ont attiré 11,5 millions de spectateurs et recueilli 558 millions de dollars de recettes durant la saison 1997-98 qui vient de s’achever, selon les chiffres officiels. Avec six Tony Awards chacun, Disney et sa comédie musicale «Lion King» ainsi que le Roundabout Theatre, producteur cette saison de cinq spectacles, ont été les grands vainqueurs dimanche de cette compétition qui est au théâtre de Broadway ce que les Oscars sont au cinéma. «Disney a été récompensé pour le spectaculaire, Roundabout pour l’artistique», résumait un des votants sous couvert d’anonymat. «Lion King», première...