Pas d’histoire, d’acteurs, de scénario ou de dialogue. Juste la couverture en direct des marées montantes et descendantes, sur fond de musique classique. Pas vraiment de quoi vous donner envie de regarder la télévision. Et pourtant, les habitants de Juneau sont très friands de ce programme, diffusé par une station du câble, qui suit la vie d’un des plus importants canaux maritimes de la ville. Le «Canal canal» ne diffuse rien d’autre qu’une vue du canal Gastineau, filmée depuis une fenêtre du quartier général de GCI, le distributeur local du câble. Sur l’écran se succèdent les images de vagues en train de s’échouer, du brouillard qui se lève, d’une volée d’oiseaux de mer, d’un bouquet d’algues battu par le vent ou du passage occasionnel d’un hydravion ou d’un skiff dans l’horizon boisé. «Les gens disent que c’est apaisant de regarder les marées et les oiseaux. ils trouvent cela très réconfortant», explique Lea Ike, directrice du marketing chez GCI pour le sud-est de l’Alaska. Un thérapeute local, entre autres, a placé un poste de télévision dans sa salle d’attente et diffuse le «Canal canal» pour relaxer ses patients. Beaucoup partagent cet enthousiasme dans cette ville de 30.000 habitants. Eloges Une femme enregistre une minute de «Canal canal» tous les jours, puis en fait une cassette annuelle de 365 minutes en hommage au changement des saisons. Le «Canal canal» a aussi une certaine utilité. L’œil vigilant de la caméra pointe en direction de l’aéroport, là où les avions sont souvent cloués au sol à cause de célèbre brouillard de la forêt humide du sud-est de l’Alaska. Les voyageurs réguliers et le personnel du siège du gouvernement de l’Alaska basé à Juneau peuvent ainsi consulter le «Canal canal» avant leur départ. «Parfois, bien sûr, on n’y voit rien. Il n’y a qu’un brouillard épais et c’est à peine si on peut distinguer les algues. alors vous savez que cela ne sert à rien d’aller à l’aéroport chercher vos amis parce qu’ils ne viendront pas», affirme John Vezina, un assistant au gouverneur Tony Knowles. Le «Canal canal» diffuse occasionnellement des images d’humains. Des candidats aux élections, ainsi que leurs supporteurs, se sont ainsi incrustés dans l’image, brandissant leurs pancartes, A une autre occasion, des adolescents rassemblés sur la plage sont venus baisser leurs pantalons devant la caméra. Ike explique que le «Canal canal» a vu le jour voilà cinq ans en raison d’un problème technique. La réception de cette chaîne était en effet trop brouillée pour pouvoir en faire une télévision commerciale. Paradoxalement, les annonceurs demandent ardemment aujourd’hui à être présents sur la chaîne. Mais CGI n’a aucune intention de perturber le programme de «Canal canal» qui lui offre une bonne image de marque. «Nous recevons des commentaires élogieux sur cette chaîne, plus que pour tout ce que nous avions fait jusqu’alors», conclut Ike. (Reuters)
Pas d’histoire, d’acteurs, de scénario ou de dialogue. Juste la couverture en direct des marées montantes et descendantes, sur fond de musique classique. Pas vraiment de quoi vous donner envie de regarder la télévision. Et pourtant, les habitants de Juneau sont très friands de ce programme, diffusé par une station du câble, qui suit la vie d’un des plus importants canaux maritimes de la ville. Le «Canal canal» ne diffuse rien d’autre qu’une vue du canal Gastineau, filmée depuis une fenêtre du quartier général de GCI, le distributeur local du câble. Sur l’écran se succèdent les images de vagues en train de s’échouer, du brouillard qui se lève, d’une volée d’oiseaux de mer, d’un bouquet d’algues battu par le vent ou du passage occasionnel d’un hydravion ou d’un skiff dans l’horizon boisé....
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