Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Indignation générale après les incidents de Lens

Les messages de soutien ont afflué de toutes parts lundi pour souhaiter un prompt rétablissement au gendarme grièvement blessé par des hooligans allemands en marge de la rencontre Allemagne-Yougoslavie, dimanche à Lens. L’état de santé de la victime, âgée de 42 ans et père de deux enfants, est selon les médecins «stationnaire». Il est plongé dans un coma profond. Daniel Nivel souffre d’un grave traumatisme crânien et ne peut subir une quelconque opération chirurgicale. Le principal auteur présumé de ce lynchage, Markus Warnek, âgé de 27 ans et originaire d’Hanovre (Allemagne), interpellé dix minutes après les faits par la police et reconnu formellement par des témoins, sera présenté mardi à un juge d’instruction de Béthune (Pas-de-Calais) pour y être mis en examen. «La qualification de la mise en examen sera criminelle», a précisé le procureur de la République, Christian Rousselle. Warnek est passible des assises. Très connu des services allemands, Markus Warnek, 1m90 pour 120 kilos, a été interpellé avec deux grammes d’alcool dans le sang mais il n’aurait pas participé seul au lynchage. Les services de police poursuivaient leurs recherches pour mettre la main sur trois complices responsables de l’incident le plus grave depuis l’ouverture du Mondial. Les réactions d’indignation se sont multipliées. Le chancelier allemand Helmut Kohl a fustigé le comportement des hooligans en parlant d’une «véritable honte» pour son pays et a demandé aux «tribunaux français et allemands d’agir vite et avec fermeté». Le président Jacques Chirac a pour sa part qualifié «ces violences d’inacceptables et dramatiques». Le premier ministre, Lionel Jospin, est intervenu aussi pour condamner la «lâcheté indigne» des agresseurs. Sur le même ton, la Fédération internationale de football (FIFA), réunie en cellule de crise, a déploré, par la voix de son porte-parole Keith Cooper, ces «accès de violence barbare». Le président de la FIFA, Joseph Blatter, a précisé avoir refusé un retrait de l’Allemagne du Mondial. Toutefois le sélectionneur Berti Vogts a affirmé «qu’il aurait préféré perdre le match et que le policier soit encore en bonne santé». Environ 600 hooligans allemands s’étaient rendus à Lens avec pour unique objectif de «casser», faire régner une atmosphère de peur, tester les périmètres de sécurité mis en place. Quelque 300 d’entre eux appartiennent à la catégorie C des hooligans fichés en Allemagne, classification la plus dangereuse. La presse allemande, qui boucle ses éditions plus tôt qu’en France, ne s’était pas étendue sur le sujet dans les colonnes du lundi. Seul le quotidien populaire Bild a interpellé ses lecteurs en posant la question «Qu’est-ce qu’ils ont donc dans la tête?». Reste qu’une polémique existe sur la réelle volonté des autorités allemandes de lutter contre ce fléau. Un journaliste du Monde, Philippe Broussard, auteur d’un ouvrage sur le sujet et qui se trouvait à Lens dimanche, estime que ces néo-nazis sont «facilement identifiables». «Il semble qu’il y ait une union sacrée de tous les noyaux durs des clubs derrière la sélection nationale. Ils sont assez facilement reconnaissables. Ils sont habillés de la même façon, arborent certains tatouages et je suis assez critique vis-à-vis des autorités allemandes», a-t-il déclaré. A la différence des hooligans anglais imbibés d’alcool, ceux présents dans le Nord de la France étaient davantage structurés, organisés, avec des téléphones portables, capables de se disperser rapidement pour se regrouper aussi vite ailleurs. La présence d’une petite dizaine de supporteurs du Paris SG a été confirmée mais ils n’ont pas pris part aux affrontements. «On a à faire à des voyous sobres», note le journaliste, qui prévoit comme prochain terrain de lutte la ville de Lyon avec un probable quart de finale Angleterre-Allemagne. En deux jours, 96 personnes ont été interpellées. Quatre font l’objet d’une procédure de comparution immédiate pour des «actes de violence et de rébellion» sur des agents de la force publique. Huit autres faisant l’objet d’un arrêté d’expulsion immédiate pris par le ministre de l’Intérieur ont regagné leur domicile en Allemagne. La ville de Lens a pour sa part retrouvé un peu de calme mais de nombreux commerces resteront fermés vendredi, jour où l’Angleterre affronte la Colombie. (Reuters)
Les messages de soutien ont afflué de toutes parts lundi pour souhaiter un prompt rétablissement au gendarme grièvement blessé par des hooligans allemands en marge de la rencontre Allemagne-Yougoslavie, dimanche à Lens. L’état de santé de la victime, âgée de 42 ans et père de deux enfants, est selon les médecins «stationnaire». Il est plongé dans un coma profond. Daniel Nivel souffre d’un grave traumatisme crânien et ne peut subir une quelconque opération chirurgicale. Le principal auteur présumé de ce lynchage, Markus Warnek, âgé de 27 ans et originaire d’Hanovre (Allemagne), interpellé dix minutes après les faits par la police et reconnu formellement par des témoins, sera présenté mardi à un juge d’instruction de Béthune (Pas-de-Calais) pour y être mis en examen. «La qualification de la mise en...