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Actualités - Chronologie

Homos, mais pas avant 16 mars

La Grande-Bretagne a entériné lundi une loi abaissant à 16 ans l’âge du consentement pour les homosexuels, jusqu’ici passibles de prison pour des relations avec des mineurs, mettant ainsi fin à une législation adoptée à la fin du siècle dernier en pleine période de moralisation victorienne. Les députés ont voté dans la soirée aux Communes un amendement en ce sens déposé par une député travailliste, dont le fils est homosexuel. Il a été greffé à un projet de loi du gouvernement sur la lutte contre la délinquance. Il ne faisait guère de doute que cette petite révolution allait être entérinée bien que les Lords tenteront de ralentir l’entrée en vigueur du texte lorsqu’ils auront à l’examiner. Le premier ministre, Tony Blair, mais aussi les chefs des deux autres grands partis, William Hague pour les conservateurs et Paddy Ashdown pour les libéraux-démocrates (centristes) y sont personnellement favorables. Les états-majors n’avaient pas donné de consigne de vote sur ce sujet encore très sensible dans l’opinion, mais l’une des grandes associations de défense des homosexuels dans le pays, Stonewall, avait assuré avoir obtenu le soutien de 430 des 659 députés. Promis de longue date par les travaillistes qui comptent deux ministres homosexuels déclarés au gouvernement, l’abaissement de l’âge du consentement va mettre sur un pied d’égalité homosexuels et hétérosexuels. Historique pour le Royaume-Uni, il ne fait qu’aligner le pays sur ses partenaires de l’Union européenne (à l’exception de l’Autriche) et le conformer à une décision de la Cour européenne de justice. «Mauvais message» L’opinion publique reste toutefois divisée sur le sujet, dans un pays où les relations homosexuelles entre adultes n’ont été dépénalisées qu’en 1967 et qui, il y a un siècle, jetait en prison Oscar Wilde pour «conduite indécente et sodomie». Un sondage publié il y a un an montrait encore que 53% des Britanniques refusaient d’autoriser l’homosexualité dès 16 ans. L’Eglise anglicane a critiqué ce changement. L’assemblée des évêques a estimé que même «si un acte peut être légal, il n’est pas forcément moral ou socialement souhaitable». Elle a accusé l’Etat d’adresser «le mauvais message», rejoint en cela par le quotidien le plus lu au Royaume-Uni, «The Sun», qui dénonce lundi «le vote de la honte» et met en garde contre une armée de «pervers» prête à fondre sur la jeunesse britannique. Les préparatifs du vote aux Communes ont donné lieu à une intense activité de lobbying, les députés étant inondés de milliers de lettres des pour et des contre. Mais, signe des transformations de la sobriété, le débat n’a pas atteint l’intensité, parfois les outrances, de celui de 1994. A cette époque, la Chambre, alors dominée par les conservateurs de John Major, avait abaissé l’âge du consentement de 21 à 18 mais refusé d’aller jusqu’à 16 ans. Cherchant à apaiser les craintes de la population, les travaillistes ont prévu un garde-fou à la nouvelle législation. L’homosexualité entre mineurs de 16 à 18 ans pourrait continuer à être punie par les tribunaux si elle implique un jeune et un adulte ayant autorité sur lui. C’est d’ailleurs dans cette dernière que les associations gays attendent le prochain geste du gouvernement. La Grande-Bretagne reste le seul pays d’Europe à maintenir un veto à l’admission des homosexuels déclarés dans ses troupes. (AFP)
La Grande-Bretagne a entériné lundi une loi abaissant à 16 ans l’âge du consentement pour les homosexuels, jusqu’ici passibles de prison pour des relations avec des mineurs, mettant ainsi fin à une législation adoptée à la fin du siècle dernier en pleine période de moralisation victorienne. Les députés ont voté dans la soirée aux Communes un amendement en ce sens déposé par une député travailliste, dont le fils est homosexuel. Il a été greffé à un projet de loi du gouvernement sur la lutte contre la délinquance. Il ne faisait guère de doute que cette petite révolution allait être entérinée bien que les Lords tenteront de ralentir l’entrée en vigueur du texte lorsqu’ils auront à l’examiner. Le premier ministre, Tony Blair, mais aussi les chefs des deux autres grands partis, William Hague pour les...